15 mai 2026

LA CITE DU TRAIN PREND SOIN DE SES COLLECTIONS

Mulhouse






C'était un projet vieux de dix ans, inabouti jusqu'alors. La Cité du Train - Patrimoine SNCF a fini par obtenir son nouveau bâtiment photovoltaïque après des mois d'études et de travaux. L'installation a été inaugurée ce matin par Philippe Chartrain, président du musée ferroviaire, aux côtés de m2A et de la Ville de Mulhouse. Le bâtiment dont rêvait le directeur général Sylvain Vernerey aura coûté environ 1,2 M€, largement subventionné.




Un investissement respectueux de l'environnement avec ses 1000 panneaux solaires qui garantissent l'autonomie du musée en basse tension et renvoient du courant sur le réseau. Pour la direction, c'est surtout une économie d'énergie estimée à 70.000 € à l'année. C'est encore une réalisation à portée symbolique, souligne le président Chartrain, car la protection des collections est une priorité pour SNCF. Ici sur 3500 m2, une trentaine de matériels pourront être rangés dans de bonnes conditions. 600 m de voies supplémentaires ont été posés à cet effet.
Le public n'aura cependant pas accès à ce lieu de stockage, lui qui a été particulièrement nombreux ces derniers jours, 1200 entrées le jour de l'Ascension. Mais on n'en reste pas là. En attendant, le patrimoine du bâtiment Rotonde sera transféré à La Maison du Territoire de l'agglomération avant la fin de l'année. Préservation toujours des témoignages d'une aventure ferroviaire qui a commencé il y a quasiment deux cents ans en France.






10 mai 2026

L'EUROAIRPORT REFAIT SA PISTE PRINCIPALE





Les riverains de l'EuroAirport connaissent une période de répit dans les nuisances aéroportuaires. Actuellement, une vingtaine de vols passagers sont assurés à Bâle - Mulhouse, contre deux cents habituellement. 36 jours de travaux qui auront fait perdre près d'un million de passagers. 



Pour cette visite de presse trinationale, nous étions une trentaine de journalistes et reporters.



Depuis le 15 avril, l'aéroport binational procède à un chantier colossal de 40 M€: la réfection de la piste principale et le taxiway Bravo parallèle. Des travaux préparés depuis un an et qui ont profité d'une météo exceptionnelle les premières semaines. Dès lors, le plus gros du chantier a été réalisé les premiers jours, mobilisant jusqu'à un millier d'intervenants et 400 engins.







La piste 15/33  longue de 4 km est refaite dans sa partie centrale sur 1,5 km.
16.000 m3 de béton utilisés. Pour le taxiway, ce sont 45.000 tonnes d'asphalte sur 2,1 km.





L'heure est aux finitions, sous la direction de Marc Morlet, en charge du service infrastructures aéronautiques de l'aéroport. Le 21 mai le trafic reprendra normalement. Les dalles de 38 cm d'épaisseur pourront accueillir tout porteur pour les 30 ans à venir. Mais d'autres investissements coûteux vont suivre.






23 avril 2026

LES DEMOLITIONS S'ENCHAINENT AUX COTEAUX

MULHOUSE

 





Drôle de reportage ce matin dans le quartier des Coteaux où la grignoteuse a commencé à faire son œuvre rue Jules -Verne. La frange est de la ZUP d'hier est en mutation. Les démolitions s'enchaînent. Celle de la barre Jules -Verne va prendre 6 à 8 semaines, emportant ce qu'il reste des 150 logements construits en 1961. Plus de 6 M€ pour son effacement. D'habitude quand un immeuble de logements sociaux disparaît, ça déplace du monde. Avec ma stagiaire Lili, nous nous sommes retrouvés dans un quasi no man's land autour du chantier, dans le seul bruit de l'engin de déconstruction et d'un corvidé. Pas un habitant du quartier, pas d'ancien résident à l'horizon. Juste deux jeunes femmes considérant la scène de loin, depuis leur lieu de travail sans doute. Là-bas, un agent d'entretien nettoie l'entrée d'une barre en sursis. Mais d'abord, il faudra éliminer les tours Dumas avant la fin de l'année. 




Au nord-est du quartier, ce sera le garage sous dalle Peupliers -Nations au 2e trimestre. La copropriété éponyme sera mise à terre dans les deux ans. 
Dans les années 2035, les acteurs de la transformation des Coteaux auront érigé un nouveau village urbain de 500 logements en petits collectifs et maisons de ville et un grand équipement public. 200 M€ sont investis dans ce renouvellement urbain. 









En quittant les Coteaux, je pense aux habitants des tours Plein Ciel, dont la voix s'est mise en sourdine le temps des élections…

3 avril 2026

IMAGES DU 4E CHEMIN DE CROIX DE MULHOUSE




 

Pour la 4e fois, la communauté de paroisses des Portes de Mulhouse organisait ce matin son Chemin de croix itinérant pour rappeler le sens premier du Vendredi saint. Un millier de personnes à vue d'œil se sont rassemblées square de la Bourse, dont une vingtaine de comédiens, autour de représentants des cultes chrétiens, sous la présidence cette fois de l'archevêque de Strasbourg Mgr Delannoy. Un ciel lumineux et la venue du prélat ont contribué à ce nouveau succès. La foule a suivi respectueusement le déroulé, le cheminement évoqué par les 14 stations dans les églises, avec des arrêts le long du court parcours, depuis la SIM vers  l'église St-Etienne. Par ces temps de guerres, cette manifestation appelait à la paix, la fraternité et à se laisser aimer de Dieu. Mais elle était accessible à tous, croyants ou non. Pour commémorer le supplice d'un homme qui se livra pour racheter les fautes de tous les autres.







Le Chemin de croix s'est achevé à St-Etienne où un diorama Playmobil° fait référence à ces événements de la Semaine sainte, au fond de l'église.







5 mars 2026

RACING : LES DIEUX DU STADIUM TOUR










La presse s'est fait présenter ce 5 mars le Stadium Tour dans les murs de la Meinau.
J'ai eu le privilège de le connaître avant elle à la faveur du centenaire des Cafés Sati, partenaire du Racing, mais les publications étaient sous embargo.






Jeoffrey Voltzenlogel, le journaliste devenu attaché de presse du RCSA, nous a fait la visite alors que les bâches n'étaient pas retirées tout à fait. Le Stadium Tour est un parcours muséal dans le riche passé du club phare alsacien. Marc Keller, en initiant la rénovation de la Meinau il y a dix ans, rêvait d'une telle offre, convaincu que nous avons tous une histoire avec ce stade. Parce que le Racing est plus qu'un club, ajoute le président à la longévité exceptionnelle dans l'histoire moderne de la maison bleue. L'enfant de Balgau y venait avec son père dès les années 70. 






Le public, fan ou curieux, va évoluer dans un environnement qui lui est inaccessible habituellement. Lieu d'hospitalité, salle de presse, vestiaire joueurs, salon du président et remonter le temps avec la galerie de documents et les vitrines pleines de trésors. La pièce maîtresse serait le maillot de Ronaldo à l'Inter Milan en 1997. A côté de celui du héros Valérien Ismaël, auteur d'un coup franc d'anthologie. Le Racing se lit encore dans les photos de famille et la litanie des licences. Autant de souvenirs qui ressurgissent dans les épopées et les chutes.








 Aujourd'hui le Racing fait la course à l'Europe. Le Stadium Tour s'achève en apothéose dans le tunnel des joueurs qui conduit à la pelouse. On ferme les yeux. On imagine une Meinau pleine comme un œuf. Place au football. 






27 février 2026

MUSEEN BASEL BY NIGHT





Entre Vogelgryff et Fasnacht, Bâle a donné le 23 janvier un autre événement culturel, festif et populaire, la Nuit des Musées. Participation record: 41.000 visiteurs. 

La Museumsnacht bâloise fêtait son 25e anniversaire. 43 musées et institutions de l'agglomération étaient accessibles dès la fin d'après-midi, dans la cité rhénane d'abord, mais aussi à Riehen, Münchenstein, Weil am Rhein et Saint-Louis. Quelques heures pour une programmation qualifiée d'éblouissante, éclectique, tous publics avec des expositions, de la danse, de la musique, des photos du passé et de nombreuses activités interactives.

Le département culture de Bâle-Ville avait levé le voile au Musée d'histoire naturelle qui proposait un lointain voyage pour réaliser un brachiosaure.

Pour nous, c'était une découverte. Un bracelet sésame pour une pérégrination nocturne dans un froid hivernal, sans but précis, que nous avons démarré vers 19H30 côté français, à la Fondation Fernet-Branca. Le musée ludovicien me paraissait plus blanc et plus grand que celui que j'avais connu il y a quelques années. Une formation de jazz donnait la couleur musicale tandis que je retrouvais une ancienne figure de l'administration municipale aujourd'hui retraitée mais investie dans la soirée. J'ai participé brièvement à un travail collectif de collage d'images découpées dans des revues artistiques.




Le pass vert nous a permis aussi d'emprunter les transports en commun. Devant Fernet-Branca, une navette Distribus nous a emmené dans le centre de Bâle. Dès lors, il suffisait de se laisser porter par l'ambiance d'une ville dont la population grouillait. A proximité de la cathédrale, les sites ne manquent pas. Nous avons fait un saut dans l'histoire aux Archives d'où nous sommes repartis avec une reproduction. 





Il a été plus difficile d'accéder à certains établissements devant lesquels une queue s'était formée. Nous avons traversé quelques musées, laissant une trace parfois, comme un dessin. Partout un accueil chaleureux et une ambiance détendue. Tant pis pour l'univers des jouets qui laissait entrer au compte-gouttes. Consolation, Parinda a goûté au vin chaud de son stand et fait un câlin à sa mascotte.




Nous aurons passé environ trois heures dans cette balade muséale qui nous a donné envie de revenir. La Museumsnacht ouvre de nouveaux horizons à un public qui n'a pas l'habitude des musées, plus vivants que jamais ce 23 janvier.





21 février 2026

MAMOUR FOU


#hotelmamour6






Cette année, la Ville de Mulhouse nous a préparé un programme "Au fil de l'amour" pour la St-Valentin, tandis que la capitale régionale roucoulait dans "Strasbourg mon amour". Cœur battant de l'événement mulhousien, "Hôtel Mamour", qualifié de "bordel théâtral chic" par son propriétaire, la compagnie Kalisto. "Hôtel" éphémère (3 soirées) , itinérant (cour des Maréchaux cette année) mais toujours "tenu" par Madame Claudia qui accueille ses clients sur ses déboires financiers  dans le monde du bitcoin… 

Fidèle de "Mamour", je retrouve ce soir d'ouverture mon confrère Mike, autre habitué de ce cirque de l'amour. "Magic Mike" n'en rate aucune miette. Nous avons choisi un pseudonyme pour avancer. Le mien se résume à une lettre, "Y", qu'on prononcera ainsi ou à l'anglaise, why je ne sais pas. L'aventure commence à l'accueil, une réception vintage avec son téléphone à cadran que tient Ilia Delaigle, le directeur de Kalisto. En quelques jours, la friche commerciale Burton a été métamorphosée en hall avec bar, scène musicale, espace d'expression artistique, créateurs locaux. Pas le temps de raconter sa vie sentimentale, il faut ressortir et suivre le cheminement lumineux rouge qui conduit à un vrai hôtel, La Maison Hôtel, qui nous fait monter au 3e. Les connaisseurs ont acquis le pass maximal, sésame vers le huis clos de la chambre. En moins d'une heure, le premier groupe de visiteurs dont Mike et moi aura visité individuellement 10 occupants.
Mme Corinne toujours  dans son bustier léger distribue les rencontres au gré des disponibilités. Généralement, il faut toquer et attendre qu'on nous permette d'entrer. 




10 chambres, autant de comédiens campant des individus plus ou moins déjantés, loufoques, improbables avec lesquels il faut ou non partager une histoire rondement ficelée de 4 minutes. Je me laisse porter par les scénarii  que je ne connais pas, sachant que le maître du jeu aura toujours la main. Je démarre dans la chambre de Luna, une jeune femme qui se prend pour un chat, miaule, bondit, racle sa litière. A posteriori, je me dis que j'aurais dû jouer au puma avec elle, au lieu de l'écouter. Chaque scène est singulière. Une autre fille plus rock'n'roll prépare une soirée "chemsex" mais son ex va rappliquer. Il faut déguerpir. Dans une autre chambre, une amoureuse volcanique m'entrave sur le lit en me confondant avec son homme volage. Les confrontations avec les hommes sont pour moi plus difficiles à appréhender, comme les comédiens sont censés nous "aimer". Il est aussi inhabituel d'entrer dans l'intimité d'un garçon en position toilettes. Et puis il y a Zac, collecteur de semence virile pour "sauver l'humanité" mais dont la valise s'ouvre sur des culottes… Dans cette galerie de personnages  ubuesque, il est enfin la Dr Marie-Eve. D'une beauté à faire tomber les rideaux, habillée comme une pin-up, le chemisier entrouvert sur ce que je ne saurais voir. Le diagnostic est sans appel: je suis comme tous les hommes infidèle !  Pour me convaincre du traitement, cette médecin qui n'a froid nulle part semble-t-il me braque avec une arme de poing que je détourne aussitôt, par réflexe vital sûrement. Je verrai désormais ma praticienne traitante avec un autre regard…

Après ces tête-à-tête qui finissent sur une sortie expéditive, nous pouvons encore participer à des ateliers collectifs animés par des "experts" dans leur domaine, comme Ruby Fracas qui nous initie au "catch love"  ou comment faire de sa couche conjugale un ring… Mireille Couderc, une scientifique strip-teaseuse, s'interrogera sur les orientations sexuelles des candidats aux municipales avec ses élèves. Mais mon meilleur souvenir sera l'initiation au slow par le "cultissime Otis Polaroïd" sur le long, très long morceau "Purple rain" que nous fredonnerons "pluie violette". A "Mamour", les corps se rapprochent parfois, mais toujours dans le respect. On croise des connaissances, on fait connaissance. J'ai eu le plaisir d'échanger avec Thelma et Louise ( sans armes) , de papoter avec le gardien du bar clandestin et de faire deux pas avec Kitty, l'étudiante taïwanaise qui m'a rappelé notre fille Jihan. A l' "Hôtel Mamour", on théâtralise l'amour , mais on est heureux de retrouver le sien.