30 octobre 2024

LE PARC DU PETIT PRINCE FERME SUR HALLOWEEN







Loin de la foule d'Europa-Park où octobre est orange, il est toujours agréable d'arpenter le Parc du Petit Prince, qui a à peu près l'âge du petit garçon immortalisé par St-Exupéry. Le parc d'attractions thématique fête son 10e anniversaire sur l'empreinte de son prédécesseur Bioscope à Ungersheim. Les congés de la Toussaint y sont dédiés aussi à Halloween, mais dans ce site touristique à vocation familiale, pas de personnages horribles. Bien sûr, la décoration est de saison avec les courges, les gamins emprunteront avec leurs parents le "chemin des froussards" voire le labyrinthe hanté, mais les occupants n'effraieront pas les visiteurs portant le badge "brigade anti-monstres". 








Le soir offre un autre spectacle. Cette année, deux nocturnes marquent la fin de saison. On y croise des enfants grimés, des grand-mères déguisées, une responsable marketing ensorcelante et dans la fraîcheur qui s'installe, la chaleur d'un marron chaud et la douceur d'une friandise du marchand de Gundolsheim participent au bonheur d'un moment convivial. Entre enfants, on est bien avec ce Petit Prince qui surmonte ses peurs dans un monde qu'il doit apprivoiser. Avec ses fleurs et ses épines.










Le Parc du Petit Prince referme sa saison le 3 novembre. 

19 octobre 2024

 L'assiette du jour autour du panais






Le panais, ce légume oublié au goût particulier, est un ami de votre santé. 
Comme je l'ai retrouvé chez le maraîcher ce matin, j'ai eu envie de le remettre en soupe. J'ai essayé avec de l'oignon, du céleri et un bouillon de bœuf. 


3 panais, 1/2 céleri rave, 1 oignon, 1 bouillon de bœuf, poivre. 




16 octobre 2024

RIVIERE : MANON AUX SOURCES

 Cinéma 




Il est natif du Nord, chef d'entreprise aux Etats-Unis depuis dix ans, mais n'a pas oublié sa ville de Belfort. Hugues Hariche s'est arrêté à Kinepolis, le complexe des quais pour la promotion de son dernier film, "Rivière". Son premier long métrage, tourné en partie dans la cité au lion.

Hugues Hariche est un réalisateur et scénariste expérimenté. Il travaille beaucoup sur l'adolescence, cette période complexe où les corps et les comportements muent. Dans "Rivière", il emmène le spectateur dans un road movie hivernal aux côtés de son héroïne Manon. Cette gamine de 17 ans (Flavie Delangle) a quitté les reliefs suisses en quête de son père introuvable. Elle parvient à trouver l'adresse, une maison isolée où elle tombe sur une jeune femme (Camille Rutherford) et son garçonnet, délaissés eux aussi par l'homme. Manon traîne un passé douloureux mais elle a un rêve. Jouer au hockey sur glace à haut niveau. Elle porte sur ses épaules le maillot floqué "Rivière" du club de Chur où elle pratiquait en junior élite.

Hugues Hariche se rappelle qu'enfant il jouait au hockey. Il a grandi avec la patinoire de Belfort, la seule de l'Aire urbaine, créée en 1976 et désormais Patinoire du Grand Belfort. Cet équipement du parc de loisirs de Bavilliers est au cœur du film. Car "Rivière" explore un sport peu courant au cinéma sous nos latitudes, le hockey justement. Avec Manon, nous pénétrons cet univers qui ne laisse pas de glace. Le réalisateur affectionne le côté vintage des décors et des éléments de film. La fugueuse va y nouer des contacts et des liens et obtenir son intégration dans l'équipe des Lions. "Je suis prête et je suis meilleure que les garçons", lancera-t-elle. Pour le casting, Hugues Hariche a recruté de vrais joueurs dans les clubs de la région. Même le coach est dans le métier. Pour la nouvelle amie de Manon, il a appelé Sarah Bramms, ancienne patineuse colmarienne aujourd'hui comédienne.

Manon a faussé compagnie à son foyer. Elle participe aux sorties hasardeuses de ses camarades de jeu où l'alcool et les exutoires illicites sont courants. Elle s'adonne à l'amour féminin en mêlant son corps meurtri par sa mère à celui blessé par les chutes de sa copine de glace. 

Hugues Hariche joue avec la lente errance des jeunes filles et la vitesse du palet, les rares moments de douceur et la violence des crosses. Dans ce film hivernal, les couleurs sont magnifiées par un cinéaste nostalgique de la pellicule. Des âmes écorchées, des guerriers de glisse et un message à toutes les Manon : "tu es à ta place sur la glace".



Hugues Hariche sur DKL à Mulhouse



"Rivière" mercredi 16 octobre au cinéma Bel-Air de Mulhouse, jeudi 17 au Colisée de Colmar, en présence du réalisateur.
En salle en France le 30.

12 octobre 2024

LE CLUEDO ALSACIEN DE PARIZOT


 

Comme beaucoup de téléspectateurs, j'attendais de visionner le film consacré au plus célèbre des campeurs du petit écran, Christian Parizot. Personnage indispensable à la série "Camping Paradis" dont le gentil héros est Tom Delorme (Laurent Ournac). Le divertissement vacancier qui nous emmène au bord de la Méditerranée près de Martigues offre quelques portraits truculents, dont ce fidèle Parizot, à la fois attachant et agaçant. 
"Monsieur Parizot" a enfin donné à son interprète, Patrick Paroux, jeune septuagénaire, son premier grand rôle.


Quand il ne passe pas son séjour estival sur son emplacement réservé au "Paradis", on se demandait comment le retraité colmarien Christian Parizot occupait ses journées. On le savait cycliste chevronné. Dans le spin-off, sous-produit de série, diffusé le 7 octobre, le voilà passionné d'enquêtes criminelles. 
Laurent Mondy a créé un téléfilm policier non dénué d'humour dont l'intrigue se déroule en Alsace, chez Parizot. Le tournage a eu lieu à l'automne 2023 comme en témoignent les couleurs des forêts. Mais soudain, pour les besoins du scénario, on monte dans les Vosges enneigées. Le massif blanc n'est pas courant, encore moins quand en plaine les arbres sont encore verts.

Christian Parizot devait partir en randonnée à vélo avec son compagnon de route Dodo (Philippe Caroit). Malheureusement celui-ci décède en montagne. Quelle idée de s'aventurer sur une patinoire quand on pratique le vélo… Parizot arrive à son tour et envisage un homicide volontaire, quand les gendarmes abrègent  par un accident de la route. Dès lors notre campeur préféré,  à qui on ne la fait pas,  engage sa propre enquête avec le concours de la lieutenante Alexandra Bauer (Clémence Lassalas), souvent en civil malgré le brassard et reléguée au second plan. L'enquêteur autoproclamé va mettre son nez dans une famille d'aristocrates  qui feraient un bon Cluedo pour établir enfin la vérité et les responsabilités.

Si les mimiques de Patrick Paroux m'amusent, j'ai été moyennement convaincu par ces deux épisodes de "Monsieur Parizot", comme les confrères rompus aux programmes télé. Le héros ne semblait pas affecté outre mesure par la mort de son copain. La veuve pas davantage éplorée. Les affaires ne connaissent pas les sentiments. Mais Parizot n'oublie jamais ni son lieu  de vacances ni son cher Delorme qu'il aime enquiquiner. C'est justement au bord de la Grande Bleue que je préfère ce bougon du vieux monde, son vélo vintage et sa 405 de collection.

13 septembre 2024

RELAIS EST : WITTENHEIM DONNE UNE SECONDE VIE AU TEXTILE







Vous connaissez les points d'apport du Relais Est, sur les parkings commerciaux ou le long des routes, que vous alimentez peut-être. Ils reçoivent vêtements propres et secs, chaussures liées par paires, linge de maison, petite maroquinerie, à déposer dans des sacs fermés.  Car derrière ces dépôts, des mains sont chargées de faire le tri. Et des citoyens peu scrupuleux, heureusement rares, confondent collecteurs solidaires et bennes à ordures ménagères. Parfois, on fait aussi d'étonnantes trouvailles comme cet alsatique de 1888 sur Mulhouse ou ce téléphone à touches  qui fera  le bonheur d'un collectionneur. 



C'est le moment d'entrer dans le monde méconnu du réemploi textile, à l'occasion des 30 ans du Relais Est. Nous sommes dans une zone d'activités de Wittenheim, sur un site d'un hectare et demi, dont 6.000 m2 de bâtiments. C'est en 1984 qu'a démarré le premier Relais, dans le Nord-Pas-de-Calais. Membres du mouvement Emmaüs, le fondateur, les établissements sont indépendants. Celui de l'agglomération mulhousienne est le seul à tout accomplir dans son territoire, l'Alsace. Entreprise à but socio-économique, le Relais Est est installé dans le Bassin potassique depuis 2001 après son lancement à Mulhouse.  Dix ans plus tard, il prenait le statut de coopérative. Ses salariés en sont les patrons. Ils sont aujourd'hui 200, dont 40% en insertion. 



En quittant les bureaux, nous considérons une surface regorgeant de vêtements. Au fond, des opératrices retiennent ou éliminent ce que les sacs plastiques révèlent. Une culotte usagée défile sur le tapis devant un jean de belle allure. Ce qui est traité ici a été récupéré dans les 1650 bornes réparties en Alsace et dans le Nord Franche-Comté. Plus de 7000 tonnes sont triées annuellement à Wittenheim. L'été a été particulièrement copieux, sans doute parce que les foyers font le ménage dans leur penderie… Si les pièces de fourrure n'ont plus d'avenir en France, les petites mains peuvent tomber sur d'autres  vêtements intéressants mais abîmés. Deux nouvelles blanchisseuses ont été acquises pour les raviver. Au besoin, une couturière fera le nécessaire, comme sur cet ensemble Louis Vuitton. Des créatrices sont sollicitées par ailleurs pour des effets à surcycler et  produire à partir d'échantillons.  Au Relais, nous croisons encore  le cordonnier. Il retape de belles chaussures et la maroquinerie dans son petit atelier. 





Au  Relais Est, 58% de la marchandise collectée est réemployée. Elle sera ventilée à l'export et  dans la douzaine de boutiques solidaires du réseau régional et pour ce qui s'apparente au vintage, cela finira sur les portants des boutiques dédiées à l'enseigne Le Léopard de Strasbourg et Mulhouse. Sans oublier la boutique en ligne (labelfripe.fr  et leleopard.fr). Sans ces friperies, le modèle économique de l'entreprise ne fonctionnerait pas. 



Et plus on réemploie, plus on crée de l'emploi, affirme le Relais, qui écoule par ailleurs 30% de la collecte en recyclage,  les chiffons et produits industriels. 10% iront dans la valorisation énergétique. 

Par les temps qui courent, le Relais Est fait une offre aux étudiants en boutique, une nouveauté bienvenue quand beaucoup ne parviennent pas à se vêtir.  Dans un monde qui change, le réemploi a de l'avenir. Question d'éthique, de budget. Ou simplement de petit plaisir.





4 septembre 2024

L'ORCHIDEE * (ALTKIRCH) UN PARADIS DE SAVEURS





Voilà trente ans je dînais dans le cadre rustique du Caveau du Tonneau d'Or tenu par Marie Imbert. Je me souviens de la poêlée de knepfla à la choucroute dans cette winstub du Sundgau. En décembre 2008 l'affaire était liquidée. Neuf ans plus tard naissait "L'Orchidée". La table qui allait bientôt emmener Altkirch au firmament Michelin. Une étoile sanctionne "une très bonne cuisine". La maison "vaut l'étape" pour le guide rouge. J'ai enfin eu le bonheur d'y faire le gourmet, à deux pas de chez moi seulement.

En 2017, "L'Orchidée" annonçait cinquante couverts avec une demi-douzaine de collaborateurs. En 2019, le restaurant décrochait le macaron. Aujourd'hui, il peut offrir son cadre cosy à une vingtaine de convives. J'avais découvert la transformation des lieux après le confinement. Désormais je vais pleinement savourer l'univers de la famille Klanklong. "L'Orchidée" est une référence au plus grand marché aux fleurs de Thaïlande, m'a rapporté Chatchai, le chef trentenaire formé dans les grandes cuisines, sans jamais se départir de ses racines. Il fait équipe avec son frère Kriangkai et leur mère Khaï, garante des saveurs du pays du sourire. La promesse est un voyage dans la cuisine gastronomique thaï renouvelée. 



Nous sommes cinq ce soir. Parfait pour la table ronde centrale, avec vue pour ce qui me concerne sur...le fast food de l'autre côté de la rue. Cette rue Gilardoni qui sépare deux mondes. La chaleur du bois massif me fait oublier la nappe blanche. La cuisine évolue, les arts de la table aussi. Les couverts, à droite de l'assiette, sont fins. Il nous est proposé de prendre le chemin au long cours, la formule à six plats sélectionnés par le chef, tandis que le sommelier, élégant dans son costume et dans le verbe, décantera théâtralement les qualités des nectars qu'il suggérera. Deux collègues l'assistent en salle, un serveur discret et une serveuse dont la gaieté illumine la table. Le restaurant est fréquenté ce soir par une clientèle de jeunes adultes essentiellement. 




Les assiettes défilent, le spectacle est à la hauteur de l'attente. Explosion de saveurs et de couleurs dès l'amuse-bouche en trilogie. Chatchai convoque les produits des terroirs qu'il mixe avec des parfums d'Asie comme le combava, la citronnelle, le basilic thaï, le tamarin et l'indispensable lait de coco du tom yam kung, plat national au royaume de Siam et signature à "L'Orchidée". La mer est proche, du crabe bleu en tempura au lieu jaune aux émulsions de moules. Tout est ciselé, raffiné et les inspecteurs du Michelin ont trouvé ce qu'ils cherchaient : le goût. En adéquation avec nos palais de farang.  Notre voyage entre la France et la Thaïlande, parmi les meilleures cuisines du monde, durera quatre heures. Il est des séjours dont on se souviendra toute la vie. Dommage de n'avoir pu le dire au chef.










27 août 2024

LA PETITE VENISE CHAMPENOISE


La Foire de Châlons-en-Champagne est un rendez-vous majeur de la rentrée dans le Grand Est. En marge de la 2e foire agricole de France, city-break dans cette jolie ville à une demi-heure de Reims et préfecture de la Marne.






La première chose à faire à Châlons, c'est la balade en barque (électrique). C'est la visite incontournable proposée par l'office de tourisme. Embarquement devant l'établissement, au choix pour L'Eau'dyssée le jour, Métamorph'eau'ses la nuit ou les deux. Cet après-midi, c'est Noël qui assure la promenade de 40 minutes et les commentaires. Il en est à sa 3e saison. "Châlons se prénomme La Venise pétillante. A une époque l'eau en était la seule source d'énergie et il était important d'avoir de l'eau courante pour évacuer les déchets qui malheureusement allaient à la rivière, mais aussi donner de la force aux moulins pour la farine et le pain, sans oublier les pêcheurs. L'eau c'était finalement la source de la vie". Ville d'eau, cernée par la Marne, Châlons est traversée par le Mau et le Nau. Dans cette Petite Venise champenoise, vous verrez peut-être la faune au détour d'un monument : chevesne, brochet, sandre, cygne, poule d'eau…









En complément, Rand'eau, le circuit lumineux pédestre qui vous permettra d'admirer de la berge les spectacles son et lumière.







                                               www.chalons-tourisme.com 

  

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