25 septembre 2026

LES FLAMMES D'ORADOUR




Oradour. Symbole majeur de la barbarie nazie contre des civils en France. "Oradour" c'est aussi le téléfilm que vient de diffuser TF1 après une promotion qui a suscité une attente, du moins auprès des générations qui savent. Un succès d'audience, avec 3,8 millions de téléspectateurs en moyenne pour la première partie. Mais des avis mitigés, comme on aura pu le lire sur les réseaux sociaux.

On aurait pu s'attendre à un scénario tourné vers cet après-midi du 10 juin 1944, quand la vie d'un paisible bourg bascula  dans l'enfer. Inspirée de faits réels, la fiction réalisée par Pierre Aknine n'est pas une reconstitution historique. "Oradour" rime avec amour ou plutôt amours, amour de jeunesse, amour éconduit, amour empêché, amour malheureux. Et la mort qui fait le reste.
Matt Pokora a dû jouer les équilibristes entre sa tournée de chanteur et le tournage. Il interprète Philippe Gerbier, un officier de la France libre parachuté et activement recherché. En Limousin, il retrouve celle qu'il aimait, Marie Arguel (Caroline Anglade) qui a fui son mari violent, un membre influent de l'administration de Vichy. "Oradour" c'est aussi une immersion dans le maquis et la Milice. Un film sur la résistance. 


Philippe s'installe dans une jolie propriété d'Oradour-sur-Glane, aux murs blancs. On n'est pas dans l'architecture de l'Aquitaine. Parce que le film a été tourné en Belgique. Oradour en 1944, c'était aussi le tramway pour Limoges. Pour la fiction évidemment, on n'allait pas tourner dans les ruines du village martyr. 

Il faut attendre la dernière partie du téléfilm pour entrer dans la mémoire d'un drame qui a durablement blessé l'unité nationale, en raison de la participation de soldats alsaciens, des incorporés de force à l'exception de l'un d'eux. Cela n'est pas évoqué dans le téléfilm, car le propos n'est pas là. Toujours est-il que le scénariste a gardé un personnage historique, le bourreau d'Oradour, Adolf Diekmann, commandant le bataillon du régiment "Der Führer" qui a pointé le doigt sur le village à rayer de la carte.


Le 10 juin 1944, 4 jours après le Débarquement, 642 personnes allaient mourir sous le feu de fanatiques convoqués vers la Normandie. Diekmann ne leur survivrait pas longtemps. Sa cohorte destructrice voulait mater toute velléité d'entrave par la peur. "Oradour" a mentionné Montauban. Il aurait été bienvenu de rappeler la pendaison massive de Tulle le 9 juin.

Cette fin de printemps 1944, 6 rescapés seulement avaient pu témoigner de l'abomination. La fiction de TF1  raconte elle une histoire d'amour lacérée par un crime contre l'humanité. Elle aura au moins permis de s'intéresser à  un fait historique qui ne sera pas le dernier dans son abjection.
 



Oradour en 1999, photo Pascal Kury


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