24 juillet 2026

LA TRANSFORMATION RAISONNEE DU COLLEGE VILLON





Le 10 septembre, la CeA inaugurera deux collèges, dont Alice Milliat (ex-Villon)  à Mulhouse. Visite rapide de chantier ce matin avenue DMC.




Alice Milliat est le nouveau nom du collège REP+ en lisière des anciennes usines DMC. François Villon le poète du XVe s'efface au profit d'une Nantaise militante de la reconnaissance du sport féminin. Les valeurs de cette grande sportive seront mises en avant dans cet établissement taillé pour 800 élèves et se revendiquant inclusif. 




Villon avait vieilli. Le collège de 1973 était dégradé, chargé d'amiante, mal isolé donc énergivore et ne répondait plus aux normes. 50 ans plus tard, le maître d'œuvre alsacien Oslo Architectes - OTE - Acte 2 paysage  commençait à le transformer. Ainsi depuis 2023, 8 bâtiments ont été démolis, 4 autres ont été construits et les espaces extérieurs réaménagés. A date, tous les travaux ne sont pas terminés. Mais les collégiens qui entreront début septembre découvriront un établissement très aéré dont un bâtiment en L accueillant l'administration, la vie  scolaire, le CDI, les sanitaires et les salles de cours. Le chantier s'échelonnera jusqu'en 2028. Il s'élève à 26 M€ TTC essentiellement supportés par la collectivité. 




Alice Milliat accompagne la mutation du quartier  en faisant référence à l'histoire textile. Le bâtiment principal reprend le nuancier  DMC. Au sol, on foulera de la brique de maçon. 100.000 pièces moulées par 4 ouvriers  pour souligner le travail d'homme. Ce sont aussi les toits à sheds coiffant les ateliers SEGPA. OSLO Architectes vante "un modèle d'établissement scolaire nouvelle génération qui conjugue haute qualité d'usage, architecture durable et économie circulaire". D'ailleurs, le béton issu des unités démolies n'a pas quitté l'enceinte de Villon. Il a été réutilisé. Du carrelage de réemploi s'est imposé comme une évidence avec des fins de stocks et des surplus. Enfin, le nouveau collège sera le 50e du parc CeA à être doté de panneaux photovoltaïques. La collectivité se distingue dans la catégorie collèges. 1 établissement sur 3 équipé. Mobilier en bois massif, dalles de plafond isolantes en fibres de bois, béton bas carbone, sans oublier les dispositifs contre la canicule et une salle des professeurs propice à la détente. La communauté scolaire va intégrer un collège fait pour durer, assure Oslo. 




Alice Milliat est donc le nouveau nom de Villon. Une femme à l'origine de JO féminins il y a un siècle. Et c'est un trinôme féminin qui va barrer le bateau de l'avenue DMC, inspiré sans aucun doute par une sportive qui pratiqua entre autres l'aviron. Cap sur la rentrée !










19 juillet 2026

LE TOUR AU BALCON DU CHOU-FLEUR E.LECLERC



Photo Chris Reinhardt



Mon premier Tour de France en immersion dans la caravane remonte à vingt ans environ, avec Bouygues Telecom et le passage devant la cathédrale de Strasbourg, le pique-nique premium sur la chaussée et le tour d'hélicoptère. Pour le Tour 2026, les invitations se sont succédé depuis l'hiver. E.Leclerc a été le premier à se poser dans ma boîte à courriels. Premier venu, premier servi. Depuis, j'ai pu offrir les autres propositions à mes collègues, ainsi Claire avec Senseo et Elena avec Cochonou et sa flotte de deuches. Nous allons faire l'étape haut-rhinoise du Tour, Mulhouse - Le Markstein Fellering. Nous sommes attendus parking de l'université pour 09H45. Mes camarades sont déjà là, Elena en rouge, Claire en jaune. Ma caravane va arriver. Margaux assure l'accueil et me présente Irina, une grande et avenante journaliste de Télé Loisirs. 




Bastien, chef caravanier


Romain, caravanier alsacien











Nous avons le privilège de monter à bord du dernier-né des "chars Leclerc", après le melon, la fraise et le poireau. C'est le chou-fleur. Un légume réalisé sur VW Id.Buzz. Confortable, avec vue de balcon, accessible pour les invités à l'arrière. Il emporte au moins trois grands sacs de goodies, des échantillons apéritifs et des bobs. Irina multiplie les séquences vidéo sur les réseaux sociaux. Nous allons passer quelque cinq heures ensemble, dans une joyeuse épopée. Ma consœur est extravertie, douée pour l'animation. Invités que nous sommes, nous ne sommes pas autorisés à distribuer des cadeaux au public, dont nous ne ratons aucune miette. Irina passe de la crème solaire et m'en propose. Je décline l'offre et c'est une faute, car le voyage en plein air me vaudra des coups de soleil. Heureusement je porte la casquette. Malheureusement je la perdrai en montagne. 




10H45. La sono crache sa musique. Le convoi s'ébranle. Les véhicules - légumes ouvrent la colonne E.Leclerc. Notre chou-fleur est en 4e position. A l'avant, le conducteur et l'animateur, Antoine, un trentenaire très agréable qui va devoir réchauffer le nombreux public. Dommage qu'il confonde Ballon d'Alsace et Grand Ballon mais nous ne lui en tiendrons pas rigueur. C'est pire quand il annonce les noms de nos communes alsaciennes. Mais il n'est pas tenu à la précision journalistique. Je m'attendais à rouler plus vite. Cette allure est plaisante. Néanmoins, dans cette foule innombrable que nous allons fendre, je ne reconnais que Gérard à Mulhouse, quand parfois des voix m'appellent.
Plus la route s'élève, plus dense est la marée humaine. Dans les descentes, un ou une gendarme esseulé(e). Une pensée pour les personnels volontaires ou réquisitionnés en plein soleil malgré leurs 3 litres d'eau. 






Les cinq heures défilent et bientôt il faut quitter cette ambiance incroyable, cette France heureuse et festive qui en fait des tonnes pour tenter d'attraper un gadget ou une confiserie. A Saint-Amarin le spectacle est terminé pour moi.
Terminus pour une partie de la caravane de toute façon. Pas le temps de dire au revoir à Antoine, mais c'est toujours comme ça. Irina va poursuivre jusqu'au sommet. Je me mets en route pour le retour, alors qu'un orage se manifeste.
Participer à la caravane, c'est grisant. Mais pour rentrer, c'est la galère. Il faut se débrouiller. La gare est tout proche. J'avais oublié que le Tour prime la ligne secondaire, neutralisée le temps de la course. De fait, mon train pour Mulhouse est annoncé à 19H38.Trois heures et demie d'attente…Impensable. 

Alors je vais marcher jusqu'à Thann, ce sera déjà ça de pris. Dix bornes, deux heures selon mon appli. J'ai la tête couverte d'un bob à pois rouges et suffisamment d'eau. C'est une drôle d'impression d'aller à contresens  de la course et de croiser des spectateurs qu'on aurait pu saluer tout à l'heure depuis son véhicule publicitaire. A Moosch, l'inévitable Raymond est figé devant sa maison parée du logo Thurtàl, sa radio en ligne. Il me propose l'hospitalité en garçon charitable qu'il a toujours été. Mais se poser c'est repartir d'un pied moins vaillant. Plus loin, une jeune femme blonde m'aborde. C'est Ludivine, ex-salariée du Parc de Wesserling, que je n'avais pas vue, la tête à l'effort. Malgré les nuages, il fait chaud. A Willer-sur-Thur, l'échappée du Tour vient à moi.




 Quelques secondes. Je verrai aussi le groupe maillot jaune. Au Markstein, c'est Pogacar qui triomphera en solitaire. A Bitschwiller, la pluie arrive, rafraichissante. Enfin Thann, du moins la gare de St-Jacques, où s'agglutinent des cyclistes et spectateurs du Tour sur le retour aussi. Il m'est impossible de prendre un billet. Les touristes allemands devant moi n'y sont pas parvenus non plus. Bientôt le tram-train s'ébranlera vers la plaine. Je serai à Mulhouse vers 19H15. Mais il me faudra regagner ma voiture, garée à Didenheim. Le temps de chercher ma trottinette dans le centre-ville et de sauter dans le tram.
J'aurai mis quatre heures pour quarante kilomètres. Une broutille quand je pense aux naufragés des bouchons engendrés par la fin de la 14e étape. Mais retenons l'intensité de cette journée sans pareil. E.Leclerc nous a fait une (chou-) fleur en nous invitant. Nous aurons été 42 théoriquement cette année à emprunter le char-légume blanc.