AGAPES & AVENTURES Se laisser porter et se laisser surprendre. "Il n'y a pas de hasard, mais des rencontres." Voir aussi LES LETTRES DE PASCAL K leslettresdepascalk.blogspot.com
22 novembre 2018
LE MACHINISME AGRICOLE TRACTE LA STE-CATHERINE
La Sainte-Catherine, c'est un peu notre Fête nationale à Altkirch. Le jour le plus long quoique déjà très loin du solstice d'été, qui déplace le Grand Sundgau dans la petite sous-préfecture. La démonstration se passe de blindés destructeurs, nous avons les puissants tracteurs agricoles.
La Sainte-Catherine est depuis un demi-millénaire une foire paysanne, bien que les vendeurs se soient éparpillés dans l'offre. Ils ont de la gueule, ces monstres du labour aux carrosseries rutilantes sur la place Jourdain. Devant et autour de la halle au blé. Je ne suis pas agriculteur mais c'est ma terre et je suis fier d'être sundgauvien. Nous sommes souvent moqués, réduits à des indiens dans leur réserve verte par les métropoles d'Alsace. Mais nous savons d'où nous venons et sûrement où nous allons. Nous cultivons les valeurs transmises par nos ancêtres.
Quand je parcours l'une des plus grandes foires agricoles du Grand Est, je retrouve un monde d'avant, que les citadins ne connaissent pas, eux qui courent sans pouvoir me précéder au calendrier. A la campagne, on vit la saison qui passe.
Altkirch se remplit d'une foule composée de Terrifortains, de Sundgauviens, de Centralsaciens, de Rhénans. Mais je croise peu de visages familiers de ma ville. Il est connu que mes concitoyens boudent les événements locaux. Pourtant les associations du cru s'impliquent, comme le VC Altkirch et sa guinguette. Justement, la Sainte-Catherine est un lieu de rencontres, d'échanges et de retrouvailles. Les Gilets jaunes ont mis leur mouvement en sourdine le temps de la journée, ce qui n'empêche pas les syndicats vieillissants de recruter. La CGT voisine avec la CFTC.
Cette année, le soleil est de retour, mais les températures sont nettement en-deçà de l'exceptionnelle douceur de novembre 2017. Pourtant, ce n'est pas la cohue ce début d'après-midi. La Sainte-Catherine, tout institution qu'elle soit, a perdu de son audience. Je me demande où la presse locale cherche 15 à 20.000 visiteurs...Bon, les journalistes ont l'habitude de gonfler les chiffres. Je fréquente la foire depuis la poussette sûrement. Le nombre d'exposants a fondu. La manifestation ressemble au continent de glace qui rétrécit au fil du temps. Et ces espaces réservés aux secours, ces blocs de béton anti-intrusion, ces contrôles Vigipirate...Rien de tout cela naguère, des policiers municipaux empathiques, des gendarmes de proximité...
Beaucoup de choses ont changé. Mais il reste ce plaisir éphémère de parler à quelqu'un. Tiens, je n'ai croisé personne qui marchait comme un robot à smartphone. J'ai même vu des gens souriantes. J'ai bu les souvenirs du vieux vendeur de bonnes chaussures qui a fait 160 bornes depuis Hochfelden, comme chaque année depuis des décennies. J'ai interrogé la marchande de marrons d'Angoulême, une Parisienne fidèle aussi, à l'enseigne Miiaam. J'ai gobé les arguments du roi de la chaussette de chantier "fabriquée à Troyes"...Et j'ai souri à l'artisane du pâté lorrain qui a traversé les Vosges pour nous régaler.
Je suis retourné à Mulhouse. En rentrant vers 19H15, les derniers stands étaient démontés. Les restaurateurs rapides finissaient leur service. Il est révolu aussi le temps où la Sainte-Catherine se prolongeait dans les bistrots.
Et celui où mon regretté papa servait la soupe de lentilles au public.
21 novembre 2018
FLEURS DE NOVEMBRE
C'était
le printemps, la période où la nature reprend vie, les arbres sont
en fleur, les parfums s'exhalent de la renaissance. Un jour d'avril
qui fut le dernier dans ta vie bien remplie. Depuis plus de vingt ans
tu t'investissais sans compter dans ce paquebot blanc au bord du
canal, ta seconde maison. Une chute et tu partis précipitamment.
Prématurément.
Une onde de choc dans le paysage culturel mulhousien.
Je pense souvent à toi comme je passe tous les jours à proximité du Musée de l'Impression sur Etoffes. Avec le recul, je me dis que nous nous connaissions depuis tout ce temps. Notre dernière interview a été pour Manoukian en décembre 2017. Je revois tes yeux malicieux, tu étais l'énergie de cette vénérable institution.
Les mois ont passé. Je me demandais comment j'allais revenir sans te revoir. De nouvelles têtes m'ont été présentées. J'ai demandé à voir où tu nous a été enlevé. Cet escalier massif où dansent les fleurs désormais. Le MISE s'est donné une exposition annuelle consacrée à la fleur. Elle est tout simplement belle et odorante. La nature a horreur du vide, dit-on. C'est le retour des beaux jours quand l'hiver prend de l'avance dehors.
Au rez-de-chaussée, le marché de Noël est revenu, dans l'esprit que nous lui connaissons. Cécile est encore très affectée par ton départ. Mais tu serais fier de ce que la petite équipe a réalisé pour cette fin d'année. Je t'imagines assis avec un grand sourire dans cet escalier apaisé par le mapping floral.
Une onde de choc dans le paysage culturel mulhousien.
Je pense souvent à toi comme je passe tous les jours à proximité du Musée de l'Impression sur Etoffes. Avec le recul, je me dis que nous nous connaissions depuis tout ce temps. Notre dernière interview a été pour Manoukian en décembre 2017. Je revois tes yeux malicieux, tu étais l'énergie de cette vénérable institution.
Les mois ont passé. Je me demandais comment j'allais revenir sans te revoir. De nouvelles têtes m'ont été présentées. J'ai demandé à voir où tu nous a été enlevé. Cet escalier massif où dansent les fleurs désormais. Le MISE s'est donné une exposition annuelle consacrée à la fleur. Elle est tout simplement belle et odorante. La nature a horreur du vide, dit-on. C'est le retour des beaux jours quand l'hiver prend de l'avance dehors.
Au rez-de-chaussée, le marché de Noël est revenu, dans l'esprit que nous lui connaissons. Cécile est encore très affectée par ton départ. Mais tu serais fier de ce que la petite équipe a réalisé pour cette fin d'année. Je t'imagines assis avec un grand sourire dans cet escalier apaisé par le mapping floral.
J'ai
toujours plaisir à te saluer, cher Eric.
17 novembre 2018
GILETS JAUNES A ALTKIRCH : LA COLERE DE LA CAMPAGNE
17 novembre. Il y a tout juste cent ans, les troupes françaises entraient dans Mulhouse. Aujourd'hui est aussi une date historique, avec le commencement officiel des mouvements des Gilets jaunes.
Altkirch sera un haut lieu de l'action, capitale de ce Sundgau toujours rural et de plus en plus éloigné de l'Etat qui réduit sans cesse ses services publics dans un territoire de 70.000 habitants déjà privé d'industrie. La sous-préfecture est de nouveau vacante, l'hôpital de proximité régulièrement menacé d'une amputation, de petites gares ne sont plus qu'un lointain souvenir, Orange a coupé le fil...
C'est un samedi hivernal qui démarre. Le soleil ne percera que cet après-midi et le mercure est à peine au-dessus de zéro quand je me lance dans la chasse à l'information dans cette ville qui m'a vu naître un jour de novembre aussi. La connaissance du terrain est un avantage qui me permet d'éviter de me retrouver happé dans un barrage. Direction Carspach pour atteindre le carrefour du Kilianstollen par la petite route. Il est environ 10H30, une centaine de manifestants sont positionnés dans le rond-point, qui organisent un barrage filtrant. Je compte encore deux gendarmes. Des chiens aussi sont couverts d'un vêtement de haute visibilité. Avant de gagner ce site stratégique entre Mulhouse et Belfort, j'ai croisé un petit convoi au train d'escargot.
J'échange avec Sylvia, qui a poursuivi sa carrière de santé en Suisse après un passage à Saint-Morand où les personnels étaient déjà sous pression il y a trente ans, me raconte-t-elle. De l'autre côté de la frontière, "elle est considérée et a du matériel pour travailler".
Elle peste contre les conditions de vie et de travail en EHPAD, citant ce vieil agriculteur qui y finit ses jours après avoir économisé pour financer un séjour dont personne ne voudrait.
Deuxième étape à l'autre bout de la ville, en direction de Mulhouse.
Le rond-point du centre Leclerc, porte aussi vers Saint-Louis. Les Gilets jaunes sont moins nombreux qu'avant, mais gênent considérablement l'hypermarché dont le parking est bien vide pour un samedi. Les clients porteurs du signe de contestation ne sont pas les bienvenus semble-t-il. Echange avec des renforts venus spontanément et Sophie, une militante du ras-le-bol. Un gendarme à bonnet prévient du passage d'une ambulance en provenance de Dannemarie.
Il me reste un troisième point à couvrir. Le rond-point du cimetière, porte vers Thann et l'autoroute. Les tracteurs sont disposés de façon à permettre le passage des véhicules. Une file est à l'arrêt à l'entrée de ville, derrière un ensemble agricole. Un air de Noël est détourné pour interpeller le chef de l'Etat. Des klaxons. Des camions entrent dans la manifestation. A midi, les organisateurs appellent à respecter une minute de silence à la mémoire de la policière qui a mis fin à ses jours récemment, sa vie étant devenue insupportable semble-t-il. Dans ces rassemblements, j'ai écouté des anonymes pour qui les grands décideurs de ce pays ont dépassé les bornes.
"Les gens ne veulent pas de chèque ! Ils veulent vivre de leur travail", m'a dit l'un d'eux. L'apprenti ouvrier agricole s'interroge lui sur son emploi demain. La trésorerie des entreprises n'avait pas besoin de flambée du gazole, quand on peine déjà à nourrir ses vaches. La journée d'action n'a pas fait les affaires non plus de mon boucher de proximité. En tapant sur les nerfs de nombreux compatriotes, les Gilets jaunes ont eux aussi tapé au portefeuille du premier ponctionneur de France. En martelant qu'ils revendiquaient pour l'ensemble des Français.
Le syndicalisme de l'ancien régime paraît dépassé et le maître des horloges n'a peut-être pas vu l'heure.
16 novembre 2018
TWIL, L'APPLI DU VIN QU'ON AIME
Eguisheim le jour de mon anniversaire. Rue du Riesling, ça ne s'invente pas dans un village viticole. Le domaine Albert Hertz reçoit la presse autour de son nouveau partenaire économique TWIL. Le soleil caresse les ors des vignes qui entourent la vieille bâtisse.
Maison familiale fondée il y a 175 ans, Albert Hertz exploite une dizaine d'hectares en bordure des remparts de la cité de saint Léon IX, le pape alsacien. C'est le pays des Eguisheim, Eichberg, Pfersigberg et Zinnkoepflé. Le domaine est entré dans la viticulture authentique et durable dans les années 1980. Il produit des vins sans intrants ni sulfites, secs, minéraux et goûteux.
Avant de confier les rênes de l'entreprise au jeune Frédéric, le vigneron biodynamique certifié s'est aussi positionné sur le commerce moderne. En 2016, la maison Hertz a croisé la route d'un nouveau-né aux salons de Paris puis de Düsseldorf, TWIL. Acronyme de "The Wine I love", cette jeune pousse de la Wine Tech française est une chance pour le petit producteur de Colmar Agglomération.
Créateur de TWIL, Erwann de Barry a lui aussi un pied dans le vignoble, dans le sud. Sa start-up se propose d'ouvrir les petits domaines au commerce en ligne, à travers une application éponyme.
Pour "twiler", on prend son smartphone après avoir installé l'appli et on photographie l'étiquette d'une bouteille de vin. Si le cru est référencé, le contact s'établit avec son producteur. Derrière chaque vigneron se profile une histoire. TWIL vous la raconte et vous donne l'occasion de passer commande auprès de l'intéressé. Hertz a intégré une communauté d'environ 2000 entreprises utilisant le service.
TWIL intéresse particulièrement les 25 - 45 ans, friands d'achats en ligne et chasseurs de découvertes. A Frédéric de leur donner envie de rester.
13 novembre 2018
BELFORT - MULHOUSE
C'est un soir comme un autre. Je fends le centre-ville pour gagner la gare. J'ai moins de dix minutes mais une trottinette qui m'a souvent évité de me retrouver en rade sur le quai. Depuis vingt-cinq ans je suis un travailleur pendulaire sur cette ligne Mulhouse - Belfort.
A l'époque la Région Alsace venait d'être autorité organisatrice des transports voyageurs sur son territoire et les enclaves de l'entité SNCF relevant de Strasbourg. L'étoile bleue à la pointe jaune a fait place depuis à un grand machin sur la signalétique des rames.
Les années 90 donc. Papa avait encore la décennie à finir avant de souffler. Il prenait le même train que moi pour se rendre au travail à Mulhouse. Mais nous n'arrivions pas en même temps à la gare assoupie et encore habitée. Nous nous retrouvions en salle d'attente, dont le silence pouvait être brisé par le cheminot annonçant l'arrivée du premier omnibus. Walheim, Tagolsheim, Illfurth, Zillisheim, Flaxlanden, Hasenrain, terminus Mulhouse. 16 kilomètres ferroviaires parcourus en une vingtaine de minutes. C'était le temps des rames inox, trains de banlieue parisienne réaffectés en province. Un intérieur crème strié brillant, des banquettes orange, des vitres à manivelle, une chaleur enveloppante l'hiver, des rideaux secoués l'été. Une odeur de salle de classe. Et la paix. Quand la rame était à l'arrêt, on n'entendait que le grésillement de l'éclairage. Pas un bruit. Il est vrai que nous n'étions pas nombreux et que nous mettions ce court voyage à profit pour finir notre nuit de sommeil. A l'exception de papa, toujours en mouvement. A Illfurth, il saluait un ancien camarade de rail, Franz, qui dans sa retraite continuait de se lever tôt et rendait le salut depuis son jardin. Un contrôleur venait nous faire la conversation. C'était le temps de cet ouvrier frontalier bougon en semaine mais toujours de bonne humeur le vendredi et de l'employé de banque fantasque et copain du whisky.
Depuis 18 ans, je vais seul à Mulhouse. Papa a fait valoir ses droits à la retraite avant le millénaire, il n'a plus remis les pieds dans l'établissement dont il avait la charge. Le banquier s'est retiré aussi.
Tous deux ont quitté le monde définitivement ces dernières années. Quant au travailleur frontalier, il a dû se refaire professionnellement dans son Alsace.
Mon amplitude horaire a été étendue. De fait, je ne prends plus le premier train mais le car TER de 05H10. Un véhicule gris qui emmène une dizaine de voyageurs en moyenne, des actifs en route pour embaucher. Chacun retrouve systématiquement sa place, quasiment au fond pour moi. Derrière le conducteur pour la seule dame.
Le soir quand je rentre, me voilà dans un Bombardier. Un autorail grande capacité dont le confort n'a rien à envier à une deuxième classe de TGV. Au temps de papa, on reprenait la rame inox, parfois une voiture à l'équipement sommaire ; on aurait disposé des bancs, cela n'aurait rien changé. J'aimais m'asseoir en queue de train. Je ne ressentirai plus la caisse sautillant sur les bogies...
Je n'entends plus les abonnés qui se racontaient leur journée de travail. Beaucoup ont disparu de la circulation, comme les agents de contrôle. Fini le contrôleur souriant. Quand il en vient, une à deux fois par mois aujourd'hui, ils forment un binôme de répression. On ne justifie aucune situation irrégulière, on paie. Moins de contrôles, ce sont plus de fraudes. Plus d'incivilités. D'où la présence aléatoire de la police ferroviaire. De gros bras en treillis bleu.
Le train du soir est à l'image du métro, un convoi de solitaires individualistes rivés à leur mobile, oreilles bouchées, regard absent, mains entravées par leur bidule. Personne ne parle.
Ce soir, j'ai laissé mon téléphone dans mon sac et j'ai fermé les yeux en pensant à papa. Je n'ai pas entendu le train glisser sur les rails. A Illfurth, la maison de Franz est en vente.
6 novembre 2018
FORTWENGER SEDUIT LE PALAIS DE LA REGENCE
Ensisheim, Communauté de Communes Centre Haut-Rhin, territoire d'entrepreneurs. C'est dans ce poumon économique entre Mulhouse et Colmar que Fortwenger a choisi de créer un nouveau site de production, à l'étroit dans son berceau de Gertwiller.
La maison bas-rhinoise a 250 ans. Depuis les années 1970, elle a ouvert plusieurs boutiques, la dernière à Sélestat. En 1977, la famille Risch a pris les commandes du fabricant alsacien de pain d'épices. Chaque génération imprimant sa marque. L'industrialisation avec le grand-père, la vente directe avec les parents et aujourd'hui l'export avec Steve Risch, le dirigeant quadra qui nous fait la visite à Ensisheim.
Nous sommes à proximité de THK, le pionnier japonais toujours présent en Alsace quand d'autres ont faibli ou disparu, à l'instar de MAM-E, liquidé en 2006 dans cette même commune. C'est sur ses cendres d'ailleurs que d'autres activités ont poussé, dont celles de Fortwenger. Un investissement de 3,5 M€ pour le pain-d'épicier, qui va produire en Haute Alsace ce qu'il ne réalise pas à Gertwiller. Bredala et pains d'épices façonnés avec d'autres ingrédients et d'autres technologies . La gestation aura duré deux années. Dans la famille Risch, le temps ne rime pas avec urgence. La démarche est patrimoniale, pour construire dans la durée. Il en va de même avec les produits, comme les ministollen à la mirabelle, dont la commercialisation est récente. Une création qui a même séduit les Etats-Unis avec un prix de l'innovation.
Fortwenger privilégie le made in Alsace en appelant des fournisseurs régionaux autant que faire se peut.
En 2016, il a racheté l'outil de Biscuiterie de France en liquidation. La bonne surprise a été de récupérer les recettes et le carnet d'adresses de la société centenaire de Villemandeur. Depuis, Fortwenger est le premier fabricant français de pains d'épices.
L'investissement d'Ensisheim est aussi justifié par la demande en forte hausse. Cette année encore, la maison alsacienne attend une progression du chiffre d'affaires à deux chiffres. La grande distribution compte pour moitié dans les ventes, talonnée par les boutiques. Le reste est ventilé hors d'Alsace. Demain, toute la France aura du pain d'épices pour les Fêtes.
L'effort à l'export se concentre en attendant sur cinq marchés : Russie, Chine, Japon, Etats-Unis, Mexique.
L'unité d'Ensisheim a démarré avec quelques collaborateurs. 90 pourraient y travailler.
Pour accueillir les partenaires et les institutionnels à l'inauguration, Steve Risch a déroulé le tapis rouge.
Dans l'ancienne cité des Habsbourg, il lui reste à créer le pain d'épices de la Régence. Et pourquoi pas le stollen de la météorite...
1 novembre 2018
TEMPS DE TOUSSAINT
Novembre est arrivé. C'est la Toussaint, communion de tous les saints, solennité liant le Ciel à la Terre pour ceux qui croient. La sainteté s'acquiert ici-bas, a rappelé le curé Vincent Simon depuis son église paroissiale de Bantzenheim ce matin.
Comme le veut la tradition, je suis allé au cimetière d'Altkirch cet après-midi, pour la première fois sans maman je crois, qui m'a précédé, mais avec mon épouse. De belles éclaircies se sont posées sur la ville basse où reposent mes grands-parents maternels et papa. La Toussaint, ce jour particulier où les jardins du souvenir se remplissent, où les sépultures se fleurissent, où je retrouve vivants et défunts. Année après année, il me semble que nous soyons moins nombreux au cimetière, dépouillé de ses arbres du reste. Les coutumes se perdent, des grandes surfaces se permettent d'ouvrir et donc de banaliser un jour qui appelait à la trêve, au recueillement et à la rencontre. Les affaires se fichent des sentiments et on ne fait pas du commerce avec des morts.
J'ai toujours vécu à Altkirch, de sorte que nombre de visages et de noms me sont familiers ou me parlent sur les stèles. Beaucoup se sont endormis voilà longtemps. Le temps passe. La petite fille au cheval a été volée dans un accident il y a quarante ans. Elle était sur le chemin de l'école...Mon camarade Joël a été fauché près de chez lui par un chauffard en partant travailler un matin de décembre. Trente ans déjà.
Mes vieilles amies nonagénaires se sont assoupies plus récemment, affaiblies par leur grand âge et leurs conditions de "détention". Je revois encore les personnes de mon enfance, au hasard des tombes. L'émotion me gagne en retrouvant Eléonore, appelée auprès de son Ernest l'an dernier. Elle souriait à la vie. Elle sourit éternellement tandis qu'un rayon de soleil illumine le nom des époux.
J'ai reconnu là-haut la silhouette de Fifi, bientôt 95 ans. De sa génération, il ne reste pas grand-monde, me dit-elle.
Et d'ajouter avec son humour que
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