AGAPES & AVENTURES Se laisser porter et se laisser surprendre. "Il n'y a pas de hasard, mais des rencontres." Voir aussi LES LETTRES DE PASCAL K leslettresdepascalk.blogspot.com
17 novembre 2016
LE BEAUJOLAIS NOUVEAU CHEZ LE CAVISTE
La saison du beaujolais primeur est courte, jusqu'au début de décembre, pour des vins de garde courte, à boire dans l'année. Notre caviste espère en écouler 200 à 300 bouteilles.
Le primeur n'est pas exclusif au vin de bourgogne. Chez Thomas, on peut tester un blanc d'Ardèche.
11 novembre 2016
FOIRE D'AUTOMNE A BALE
En attendant l'Avent, la Herbstmesse assure l'animation.
A l'abri des nuages noirs qui s'amoncellent sur la France voisine, l'humaniste Bâle s'offre deux semaines d'évasion festive et une bulle d'enfant. Quand vient la dernière semaine d'octobre, la cité rhénane met des lumières et des arômes oubliés dans le crépuscule automnal. "Z Basel isch Mäss" raconte la ville. Revoilà la doyenne et plus grande foire - kermesse de Suisse, qui se perpétue depuis 1471 et déplace chaque année un million de visiteurs. 500 métiers investissent 8 sites, du Barfi au Messeplatz, du Petersplatz au parvis de la cathédrale. Dans cette atmosphère de grande récré intergénérationnelle, tous les âges trouvent leur compte, des manèges d'antan aux attractions les plus folles d'aujourd'hui. Les nostalgiques des années 80 se pressent dans la Messehalle 3 où ils montent à bord du train fantôme et se bousculent en autos tamponneuses... Au Barfüsserplatz, les confiseurs traditionnels font cercle autour de l'Octopus qui déploie ses tentacules protecteurs. Au loin, Münsterplatz, la grande roue scintille dans le soir, tandis que Rosentalanlage le Drifting Coaster envoie ses voyageurs à tombeau ouvert. Au pied de la Spin Tower qui perce la couronne centrale du Messeplatz, je vois monter à 80 mètres les passagers qui bientôt seront lâchés comme du lest dans une explosion lumineuse. Une rigolade comparée aux manèges à décrocher le coeur du Kasernenareal dont les noms sont évocateurs: Maxximum 2 , Daemonium , Condor ...
Aux émotions d'adolescents se mêlent les joies enfantines et les étincelles dans les yeux des aînés. Sensations fortes et senteurs diverses, de la pomme d'amour au chäsbängel en passant par la raclette.
Les nacelles virevoltent, les rires et les cris fusent, les leds clignotent. Je repars avec un coeur en pain d'épice.
Au centre-ville, Globus offre une flûte de prosecco et une truffe aux clients pour l'ouverture du marché de Noël...
La 546e Basler Herbstmesse se termine le 13 novembre. Le 15 pour le Petersplatz et son marché artisanal dédié à la poterie, le Hääfelimäärt..
9 novembre 2016
A MULHOUSE, NOËL VIOLET ET VERT
Au fil des années, Mulhouse a imposé sa marque dans l'offre pléthorique des marchés festifs de décembre.
Le violet, couleur liturgique de l'Avent, habille avec le vert les fêtes de fin d'année à Mulhouse. "Ode boréale" est le nom de l'étoffe 2016 inspirée d'indiennes de 1770 et signée de la fine et experte main de Marie-Jo Gebel. La règle veut que Mulhouse ait la primeur de son tissu et que celui-ci soit accordé aux autres communes du pays de Noël l'année suivante. Hombourg, Richwiller et Illfurth sont preneurs de l'étoffe 2015 par exemple.
Des milliers de mètres de tissu imprimé par Euro TF Munster seront disponibles pour les Etofféeries, le marché de Noël de Mulhouse, présentées pour la première fois dans les serres municipales, "un cadre insuffisamment exposé" selon le maire Jean Rottner, alors que le SEVE est un des piliers de l'organisation des cinq semaines d'animations dans le cœur historique.
Cet emplacement privilégié, au pied du temple St-Etienne, en fait comme le site de St-Martin à Montbéliard un écrin enviable. Mulhouse annonce près de cent chalets, dont un tenu par un boucher, une nouveauté en 26 ans. La grande roue, l'imposant manège et la petite patinoire complètent l'attraction. Un autre plus, à l'instar de Strasbourg, les artisans sont mis à contribution avec savoir, audace et fantaisie : les tapissiers - décorateurs se voient confier la rue des Bouchers. Quant au Bistrot d'Oscar, il se convertit en stuwe de Noël avec les tenanciers de la guinguette d'Illfurth. Salles des Adjudications et de la Décapole, on reverra les musées, au nombre d'une dizaine. Leur boutique est courue.
Mulhouse promet un marché de Noël chaleureux, convivial, rassembleur, intime, dans le respect des traditions et des valeurs. La crèche a toute sa place.
Les Etofféeries. Du 24 novembre au 27 décembre.
Le violet, couleur liturgique de l'Avent, habille avec le vert les fêtes de fin d'année à Mulhouse. "Ode boréale" est le nom de l'étoffe 2016 inspirée d'indiennes de 1770 et signée de la fine et experte main de Marie-Jo Gebel. La règle veut que Mulhouse ait la primeur de son tissu et que celui-ci soit accordé aux autres communes du pays de Noël l'année suivante. Hombourg, Richwiller et Illfurth sont preneurs de l'étoffe 2015 par exemple.
Des milliers de mètres de tissu imprimé par Euro TF Munster seront disponibles pour les Etofféeries, le marché de Noël de Mulhouse, présentées pour la première fois dans les serres municipales, "un cadre insuffisamment exposé" selon le maire Jean Rottner, alors que le SEVE est un des piliers de l'organisation des cinq semaines d'animations dans le cœur historique.
Cet emplacement privilégié, au pied du temple St-Etienne, en fait comme le site de St-Martin à Montbéliard un écrin enviable. Mulhouse annonce près de cent chalets, dont un tenu par un boucher, une nouveauté en 26 ans. La grande roue, l'imposant manège et la petite patinoire complètent l'attraction. Un autre plus, à l'instar de Strasbourg, les artisans sont mis à contribution avec savoir, audace et fantaisie : les tapissiers - décorateurs se voient confier la rue des Bouchers. Quant au Bistrot d'Oscar, il se convertit en stuwe de Noël avec les tenanciers de la guinguette d'Illfurth. Salles des Adjudications et de la Décapole, on reverra les musées, au nombre d'une dizaine. Leur boutique est courue.
Mulhouse promet un marché de Noël chaleureux, convivial, rassembleur, intime, dans le respect des traditions et des valeurs. La crèche a toute sa place.
Les Etofféeries. Du 24 novembre au 27 décembre.
6 novembre 2016
PECHEUR D'HOMMES A L'ILE DU RHIN
Moins d'un mois après sa messe d'adieu à la vallée de la Largue, Vincent Simon a été installé à Hombourg.
Dimanche 6 novembre. Des averses s'abattent sur l'A35 en direction d'Ottmarsheim. A trois kilomètres, le village de Hombourg, avec ses châteaux. Une accalmie se dessine quand les premiers fidèles prennent place dans l'église Saint-Nicolas. A quinze heures celle-ci sera comble, ce qui fera pleurer une dame, habituée aux bancs clairsemés. La communauté de paroisses Ile du Rhin Vierge Marie en sa Nativité retrouve enfin un pasteur. Et va devoir se familiariser avec une image d'avant Vatican II, un curé en soutane. Sur les pentes largotines, la lourde robe noire flottait sur le vélo à assistance électrique. On ne la verra plus ainsi.
La moitié arrière de l'église se remplit de catholiques venus du Sundgau dannemarien. Les fidèles paroissiens venus témoigner une dernière fois leur indéfectible soutien à leur regretté Vincent Simon, nommé au bord du Rhin par l'archevêque Mgr Grallet au tout début de l'été. Vincent n'a de cesse de remercier ces âmes charitables et proches qui pendant seize années auront mis du bonheur dans son ministère. On retrouve aussi dans l'auditoire des élus du secteur de Friesen.
Et même ses servants d'autel qui ne se se font pas prier pour enfiler leur aube à liseré bleu ciel et filer dans la sacristie. Ils seront mis les premiers à contribution, comme si on prolongeait le temps fini des offices de la verte vallée...
Moins de confrères cette fois, mais parmi eux les serviteurs de Jésus et de Marie venus du prieuré d'Ottmarsheim et de Mulhouse. Un apport argentin dans cette région frontalière, qui voit aussi l'amicale délégation allemande à la messe.
Avant de célébrer sa prime eucharistie à proximité de son nouveau presbytère remis en état par les services communaux, le curé Simon se voit confier les clés de l'église paroissiale. "Qu'elles ouvrent aussi des cœurs", espère le nouveau locataire, en mission renouvelable de six ans.
L'évangile du jour annonce la fin d'un monde. Vincent s'en inspire pour faire le parallèle avec son passé sundgauvien. L'installation, rehaussée par une chorale vibrante, est émouvante. Des larmes coulent parmi les anciennes paroissiennes. Quelques instants, une éclaircie illumine la nef et colore les bleus du tableau dédié au saint patron de l'édifice.
Le nouveau chargé d'âmes d'Ile du Rhin sait la tâche lourde. Marcher ensemble vers le Bon Dieu.
4 novembre 2016
UNE NUIT AU PHARE DE FATOUVILLE
Aller au phare de Fatouville, c'est comme accomplir un pèlerinage. La démarche doit être mûrement réfléchie. Voilà un phare de terre ferme, certes dans l'estuaire de la Seine, mais niché dans les bocages entre Honfleur et Pont-Audemer. Une construction de trente-deux mètres de haut dont la vigie donne d'apercevoir Le Havre et les paisibles parcelles vertes de Normandie. Une tour hexagonale toisant un corps de ferme en brique traditionnelle jouxtant l'habitation du gardien, celle-ci réhabilitée en chambres d'hôtes.
Anne, une boulotte fille du pays, tient l'adresse insolite, ses petons serrés dans ses tennis couleur granny smith. Ses jambes lui font un peu mal, mais la maîtresse des lieux se fait un devoir et une fierté d'ouvrir pour ses convives d'une nuitée l'ascension des 163 marches du phare acquis à grands frais par son arrière-grand-père en 1923.
Au rez-de-chaussée de la construction, la grande table du petit déjeuner occupe l'essentiel de l'espace sous une vitre laissant paraître les parois interminables du lieu. Le premier repas journalier de l'hôte est copieux. Il s'articulera autour des confitures maison, des pains aux céréales aux saveurs oubliées et peut-être d'un jus d'orange discount. Une affiche à l'abri du temps rappelle la cession de ces murs au siècle dernier.
Quand Anne se décide enfin à accompagner ses visiteurs là-haut, vers dix heures, elle libère notre insatiable curiosité. Le phare de Fatouville ne paie pas de mine de prime abord. Au premier niveau, une étonnante et poussiéreuse collection de jouets anciens, des poupées surtout, s'est endormie. Les étages supérieurs ne sont guère plus étincelants. C'est bien un monument désaffecté que nous pénétrons, aux teintes fatiguées, aux boiseries ternies, aux métaux oxydés. Et à la lanterne fissurée.
Mais dans le matin calme de l'Eure, cette montée bénéfique nous montre la voie de la Seine qu'enjambe l'altier pont de Normandie. Tandis qu'en bas, à nos pieds, le vaisseau gris nous attend.
Il faut, sans délai supplémentaire, mettre le cap à l'est.
24 juillet 2008
Anne, une boulotte fille du pays, tient l'adresse insolite, ses petons serrés dans ses tennis couleur granny smith. Ses jambes lui font un peu mal, mais la maîtresse des lieux se fait un devoir et une fierté d'ouvrir pour ses convives d'une nuitée l'ascension des 163 marches du phare acquis à grands frais par son arrière-grand-père en 1923.
Au rez-de-chaussée de la construction, la grande table du petit déjeuner occupe l'essentiel de l'espace sous une vitre laissant paraître les parois interminables du lieu. Le premier repas journalier de l'hôte est copieux. Il s'articulera autour des confitures maison, des pains aux céréales aux saveurs oubliées et peut-être d'un jus d'orange discount. Une affiche à l'abri du temps rappelle la cession de ces murs au siècle dernier.
Quand Anne se décide enfin à accompagner ses visiteurs là-haut, vers dix heures, elle libère notre insatiable curiosité. Le phare de Fatouville ne paie pas de mine de prime abord. Au premier niveau, une étonnante et poussiéreuse collection de jouets anciens, des poupées surtout, s'est endormie. Les étages supérieurs ne sont guère plus étincelants. C'est bien un monument désaffecté que nous pénétrons, aux teintes fatiguées, aux boiseries ternies, aux métaux oxydés. Et à la lanterne fissurée.
Mais dans le matin calme de l'Eure, cette montée bénéfique nous montre la voie de la Seine qu'enjambe l'altier pont de Normandie. Tandis qu'en bas, à nos pieds, le vaisseau gris nous attend.
Il faut, sans délai supplémentaire, mettre le cap à l'est.
24 juillet 2008
3 novembre 2016
L'HONNEUR DE FERRETTE A LA FRANCE FRATERNELLE
Visite préfectorale au centre d'accueil du Haut Sundgau quelques jours après l'arrivée d'ex-Calaisiens.
Depuis le début de l'année, la petite ville de Ferrette et ses quelques centaines d'habitants hébergent sur une friche militaire des hôtes qui ont parcouru des milliers de kilomètres à leurs risques et périls.
Au pire des conditions hivernales, le Jura alsacien avait vu débarquer en tenue légère ses premiers migrants. Récemment, la caserne désaffectée Moreigne a reçu des ex-occupants de la "Jungle" de Calais.
Ce 3 novembre, la responsable du site géré par l'Adoma annonce 43 inscrits. La population accueillie varie au gré des arrivées et des départs. Une famille de 8 personnes vient de partir à Mulhouse. La capacité d'hébergement est de 80 places.
Laurent Touvet, le nouveau préfet du Haut-Rhin, a fait le déplacement à l'extrémité sud de son département, pour "manifester son soutien à toutes les personnes qui œuvrent à la tradition d'accueil de la France", élus, bénévoles, travailleurs sociaux... Toutes ces bonnes volontés facilitant les démarches de ces éloignés dans leur demande d'asile.
Chaque histoire personnelle sera étudiée, explique le représentant du gouvernement français à une poignée de migrants heureux qu'un haut fonctionnaire vienne à eux. Le préfet est accompagné de la sous-préfète d'arrondissement et du maire François Cohendet notamment. Un traducteur -interprète franco-syrien n'est pas de trop pour échanger avec des Soudanais pris dans le Calaisis et ne parlant pas encore le français. Voilà le b.a.-ba des nouveaux Ferrettiens. Apprendre sans délai la langue du pays d'accueil, condition sine qua non d'une vie durable en France. Le préfet, sur un ton chaleureux, explique tout cela dans ses échanges avec ces hommes et ces femmes sagement assis.
- Êtes-vous heureux ici ? demande Laurent Touvet. Oui, semble-t-il. Les exilés qui ont fui la guerre ou les persécutions ont trouvé dans ce coin de petite montagne un toit et un habitat chauffé, mais surtout la paix et l'écoute. A Calais, ils partageaient une tente à 4 et devaient rester groupés pour se rassurer.
Un des migrants a la casquette vissée à l'envers. Il travaillait le bois en Afghanistan. "Des menuiseries embauchent", tente le maire. Un compatriote était urgentiste.
Évidemment, la France ne peut accueillir tous les déplacés, rappelle le préfet. Mais quelques dizaines de personnes dans un département de quelque 800.000 habitants sera supportable.
Aux Français méfiants et hostiles, on opposera qu'il y a toujours plus malheureux qu'eux.
A présent, on demande à ces hôtes qui ont été sacrément courageux jusqu'alors et qui ont pris des coups en Italie de mettre leur énergie nouvelle dans leur intégration.
La visite du préfet aura duré une heure environ. Laurent Touvet a félicité la Ville de Ferrette et son maire d'avoir répondu à l'appel de l'Etat. Ils honorent la France dans ses valeurs universelles.
Il repart avec l'image de visages sereins et souriants.
Sourire à la vie quand on a tout laissé derrière soi.
Depuis le début de l'année, la petite ville de Ferrette et ses quelques centaines d'habitants hébergent sur une friche militaire des hôtes qui ont parcouru des milliers de kilomètres à leurs risques et périls.
Au pire des conditions hivernales, le Jura alsacien avait vu débarquer en tenue légère ses premiers migrants. Récemment, la caserne désaffectée Moreigne a reçu des ex-occupants de la "Jungle" de Calais.
Ce 3 novembre, la responsable du site géré par l'Adoma annonce 43 inscrits. La population accueillie varie au gré des arrivées et des départs. Une famille de 8 personnes vient de partir à Mulhouse. La capacité d'hébergement est de 80 places.
Laurent Touvet, le nouveau préfet du Haut-Rhin, a fait le déplacement à l'extrémité sud de son département, pour "manifester son soutien à toutes les personnes qui œuvrent à la tradition d'accueil de la France", élus, bénévoles, travailleurs sociaux... Toutes ces bonnes volontés facilitant les démarches de ces éloignés dans leur demande d'asile.
Chaque histoire personnelle sera étudiée, explique le représentant du gouvernement français à une poignée de migrants heureux qu'un haut fonctionnaire vienne à eux. Le préfet est accompagné de la sous-préfète d'arrondissement et du maire François Cohendet notamment. Un traducteur -interprète franco-syrien n'est pas de trop pour échanger avec des Soudanais pris dans le Calaisis et ne parlant pas encore le français. Voilà le b.a.-ba des nouveaux Ferrettiens. Apprendre sans délai la langue du pays d'accueil, condition sine qua non d'une vie durable en France. Le préfet, sur un ton chaleureux, explique tout cela dans ses échanges avec ces hommes et ces femmes sagement assis.
- Êtes-vous heureux ici ? demande Laurent Touvet. Oui, semble-t-il. Les exilés qui ont fui la guerre ou les persécutions ont trouvé dans ce coin de petite montagne un toit et un habitat chauffé, mais surtout la paix et l'écoute. A Calais, ils partageaient une tente à 4 et devaient rester groupés pour se rassurer.
Un des migrants a la casquette vissée à l'envers. Il travaillait le bois en Afghanistan. "Des menuiseries embauchent", tente le maire. Un compatriote était urgentiste.
Évidemment, la France ne peut accueillir tous les déplacés, rappelle le préfet. Mais quelques dizaines de personnes dans un département de quelque 800.000 habitants sera supportable.
Aux Français méfiants et hostiles, on opposera qu'il y a toujours plus malheureux qu'eux.
A présent, on demande à ces hôtes qui ont été sacrément courageux jusqu'alors et qui ont pris des coups en Italie de mettre leur énergie nouvelle dans leur intégration.
La visite du préfet aura duré une heure environ. Laurent Touvet a félicité la Ville de Ferrette et son maire d'avoir répondu à l'appel de l'Etat. Ils honorent la France dans ses valeurs universelles.
Il repart avec l'image de visages sereins et souriants.
Sourire à la vie quand on a tout laissé derrière soi.
1 novembre 2016
TOUSSAINT ALTKIRCHOISE
Le ciel est lumineux, l'air printanier. Une douce paix. Des feuilles se détachent dans leur habit ocre. C'est la Toussaint. Depuis mon plus jeune âge, je me rends au cimetière d'Altkirch, ma ville de toujours.
14H30. Au pied de la grande croix face à la cité, quelques dizaines de fidèles se sont rassemblés pour la prière du jour. Des têtes familières, à l'emplacement habituel, comme si l'image était figée depuis des années. Au centre, l'ancien curé doyen Pierre Rapp, qui semble traverser les décennies sans prendre une ride. Même gestuelle, même expression du visage, voix intacte. Un don de Dieu. Le moment est à peine perturbé par le passage de visiteurs remuant les cailloux et, là-haut, un petit avion. Des voisins échangent des banalités.
Après ce temps de recueillement et de communion, commence la pérégrination mémorielle. D'abord les sépultures familiales. Papa repose parmi ses copains pêcheurs André et Seppi qui l'ont longuement précédé. Il partage depuis Noël 2014 la tombe de grand-père Paul, son mentor halieutique, rappelé il y a trente ans. Des insectes butinent encore.
Sur les hauteurs repose grand-mère Maria qui est allée rejoindre les siens en 1985. Les chrysanthèmes ensoleillent un peu plus la couche granitique.
Chemin faisant, les rencontres se succèdent. La Toussaint me donne l'occasion, une fois l'an, de revoir les Altkirchois, réputés discrets dans leur fief. Ainsi Marie-Antoinette que la neuvième décennie passée a diminuée, mais qui veut m'inviter à déjeuner pour papoter... Et Germaine, qui à peine plus vieille déclare qu'à cet âge, une année supplémentaire enfonce un peu plus le clou... J'ai à ce moment une pensée pour mes amies nonagénaires comme elles qui se meurent contre leur gré à la maison de retraite. Et je souris en voyant la stèle du grand Charles, qui s'est bien amusé à tirer sa révérence à tout juste cent ans...
Dans les allées qui brûlent sous le soleil en août, maintenant que les conifères ont été coupés, les noms éclairent des visages dans ma mémoire. Parfois, les portraits facilitent le souvenir. Jean-André semble heureux, lui qui habillait les défunts pour le dernier voyage. Joël, qui serait quinqua comme moi, affiche le même regard malicieux depuis plus de vingt-cinq ans. Eugène, l'ami de mon père, sourit mêmement.
Une foule de gens plus ou moins chers qui ont croisé ma route ou fait un bout avec moi.
Des personnalités se signalent dans ce champ de repos. Par leur caveau, par leurs décorations. Mais devant l'Eternel, la valeur du cœur primera toute légion d'honneur de la République française.
Deux tours d'horloge plus tard, je m'en retourne. L'horticulteur range ses bruyères. Autrefois, ils étaient plusieurs plus un marchand de marrons.
La Toussaint ne remplit plus le cimetière. On a oublié de se souvenir.
1er novembre 2016
14H30. Au pied de la grande croix face à la cité, quelques dizaines de fidèles se sont rassemblés pour la prière du jour. Des têtes familières, à l'emplacement habituel, comme si l'image était figée depuis des années. Au centre, l'ancien curé doyen Pierre Rapp, qui semble traverser les décennies sans prendre une ride. Même gestuelle, même expression du visage, voix intacte. Un don de Dieu. Le moment est à peine perturbé par le passage de visiteurs remuant les cailloux et, là-haut, un petit avion. Des voisins échangent des banalités.
Après ce temps de recueillement et de communion, commence la pérégrination mémorielle. D'abord les sépultures familiales. Papa repose parmi ses copains pêcheurs André et Seppi qui l'ont longuement précédé. Il partage depuis Noël 2014 la tombe de grand-père Paul, son mentor halieutique, rappelé il y a trente ans. Des insectes butinent encore.
Sur les hauteurs repose grand-mère Maria qui est allée rejoindre les siens en 1985. Les chrysanthèmes ensoleillent un peu plus la couche granitique.
Chemin faisant, les rencontres se succèdent. La Toussaint me donne l'occasion, une fois l'an, de revoir les Altkirchois, réputés discrets dans leur fief. Ainsi Marie-Antoinette que la neuvième décennie passée a diminuée, mais qui veut m'inviter à déjeuner pour papoter... Et Germaine, qui à peine plus vieille déclare qu'à cet âge, une année supplémentaire enfonce un peu plus le clou... J'ai à ce moment une pensée pour mes amies nonagénaires comme elles qui se meurent contre leur gré à la maison de retraite. Et je souris en voyant la stèle du grand Charles, qui s'est bien amusé à tirer sa révérence à tout juste cent ans...
Dans les allées qui brûlent sous le soleil en août, maintenant que les conifères ont été coupés, les noms éclairent des visages dans ma mémoire. Parfois, les portraits facilitent le souvenir. Jean-André semble heureux, lui qui habillait les défunts pour le dernier voyage. Joël, qui serait quinqua comme moi, affiche le même regard malicieux depuis plus de vingt-cinq ans. Eugène, l'ami de mon père, sourit mêmement.
Une foule de gens plus ou moins chers qui ont croisé ma route ou fait un bout avec moi.
Des personnalités se signalent dans ce champ de repos. Par leur caveau, par leurs décorations. Mais devant l'Eternel, la valeur du cœur primera toute légion d'honneur de la République française.
Deux tours d'horloge plus tard, je m'en retourne. L'horticulteur range ses bruyères. Autrefois, ils étaient plusieurs plus un marchand de marrons.
La Toussaint ne remplit plus le cimetière. On a oublié de se souvenir.
1er novembre 2016
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