5 juillet 2018

OUVRIR LES YEUX DANS LE BROUILLARD








Jeudi 5 juillet. Nous effectuons notre pèlerinage estival annuel. C'était Marienthal l'an dernier. Ce sera le Mont Sainte-Odile en 2018. Dans ce monde turbulent menacé par la cécité comme le dira tout à l'heure le recteur, il est bon de se faire ouvrir les yeux auprès de la patronne de l'Alsace. Près de 120 km à parcourir pour atteindre le haut lieu spirituel une heure trois quarts plus tard. Nous sommes partis sous les averses orageuses, nous arrivons au sec, pour un temps du moins, car la pluie va arroser le territoire d'Ottrott, commune du Mont. Il va être 11 heures. Le parking d'entrée est plein. Deux gendarmes sont de faction. L'un d'eux, un lieutenant me semble-t-il, taquine un bâton.  Les militaires nous souhaitent " bonne visite ". La sonnerie appelle à la messe. 
Nous serons une cinquantaine de pèlerins à garnir la chapelle Notre-Dame de l'Assomption. Des religieuses africaines ont pris place près de la statue de sainte Odile. Deux prêtres vont officier, dont, heureuse surprise, Patrick Koehler, en charge du domaine. Chanteur à la voix puissante, le recteur est d'abord un brillant orateur, qui manie le verbe sans micro, parmi ses paroissiens éphémères, glissant parfois des locutions alsaciennes. "La maladie n'est pas une punition" envoie-t-il en ouverture de son commentaire d'évangile. Matthieu nous relatait la guérison et le pardon du Christ au paralytique sur sa civière. Patrick Koehler nous appelle à l'humilité et fait de nous "les porteurs de ce monde en souffrance qui allons vers le Christ". 
A l'issue de la liturgie, nous découvrons une ambiance faiblement pluvieuse. Les nuages accrochent Le Hohwald. Une timide trouée laisse deviner la plaine que domine le Mont à 764 m. Il est midi. Les restaurants commencent de se remplir. La boutique est close. Des visiteurs passent. Ce ne sera pas la grosse affluence aujourd'hui. Mais 2020 est à nos portes. Ce sera l'année du siècle ici. Car depuis 1300 ans, le mont vosgien accueille pèlerins, marcheurs, visiteurs et touristes "pour se laisser régénérer. Toi qui passes au Mont, laisse-toi imprégner par la beauté et le silence du site, habiter par Dieu et confie-toi à sainte Odile". 
Il est plus que temps en effet d'ouvrir les yeux.




























Hôtellerie du Mont Sainte-Odile à Ottrott 
Nuitée à partir de 80 € une personne, 95 pour deux.
Pension complète à partir de 144 € par personne. 

Restaurant saint Léon IX
Salle des Pèlerins

Distribanque

4 juillet 2018

CARSPACH, AU BOUT DE LA PISTE









Début de juillet, soirée entamée. Il est environ 21 heures quand nous nous posons sur le parking proche de l'ancienne société hippique d'Altkirch. Nous sommes convenus d'une petite promenade vespérale, quand une musique atteint mon oreille. Un air venu de loin, qui m'oblige à l'approcher. Dans ce qui était le Quartier Plessier, une poignée de musiciens répètent devant leur local et l'EBR laissé comme témoignage des campagnes africaines. C'est la fanfare des hussards, qui joue présentement "Sans peur". A ce moment me reviennent mes jours passés au regretté "8". 25 ans après la dissolution de mon régiment, les sonorités des cuivres de cavalerie retentissent encore. Une jeune fille a intégré l'ensemble.
Mais il faut poursuivre. Deux cyclistes ouvrent la voie. Nous allons sur la piste cyclable reliant Altkirch à Hirsingue. 6,5 km que j'ai parcouru à pied, à vélo, à rollers... Nous ferons le tiers du trajet ce mardi soir, rebroussant chemin à Carspach. En longeant la friche militaire convertie à l'activité économique et sociale, je constate que les utilisateurs de cette voie champêtre abandonnent encore trop de déchets. Je m'étonne de l'abondance du maïs dont les pousses sont très inégales par endroits. Les pieds atteignent déjà les deux mètres. Nous longeons l'Ill, qui serpente ici avant de s'éloigner. 





Les entrepôts de Cocental apparaissent. Une entreprise centenaire de chaudronnerie et de machines pour les mines, survivant de l'industrie sundgauvienne. Nous marchons sur le tracé d'une voie ferrée effacée dans les années 1990, qui desservait Ferrette depuis la sous-préfecture, le Pferterzegla que les plus âgés revoient. Mais le rail convoyait aussi les marchandises, avant d'être radié. 






Carspach s'est enrichi de petits collectifs au voisinage de notre piste mais il reste ce grand pré qui serait indiqué pour une fête de village. Et puis la maison  bleue dans son luxuriant jardin. Le nid douillet de Blandine il y a 30 ans. Je n'ai rien oublié. 



Nous n'aurons pas croisé beaucoup de monde à l'heure de revenir sur nos pas. A 22 heures passées, la nuit descend sur les épis. Altkirch a allumé ses feux. Dans le ciel, Eloi m'indique Vénus et Jupiter. C'est une belle soirée d'été. Tout près de chez moi.








2 juillet 2018

FESTIVAL DES VÉHICULES ANCIENS : L'AMI DE MON ENFANCE



A la fin des années 1990, la Ville de Mulhouse créait "La Grande Parade" automobile, un événement majeur de son programme estival, qui allait dépasser bientôt les frontières avec sa nuit des musées européens et son plateau. 500 véhicules d'exception, des dizaines de milliers de spectateurs chaque début d'été. J'ai quasiment couvert tous ces rendez-vous devenus "Festival automobile de Mulhouse". Les accréditations forment un chapelet dans mon bureau.
Puis un jour la municipalité du Dr Rottner décida de fermer le garage, compte tenu des restrictions budgétaires, peut-être aussi parce qu'en une quinzaine d'éditions, on aurait fait le tour de la roue des ancêtres.
On imagine la déception des clubs de passionnés et finalement de tous ceux que l'automobile de papa fait rêver. La Ville n'était pas opposée cependant à ce que le relais soit pris...





Ainsi, quatre ans après le dernier tour de piste du festival, Mulhouse a retrouvé ses oldtimers et ses calandres rares, à l'occasion du "Festival des Véhicules Anciens". Une renaissance pilotée par Jean-David Gerber, un homme de mairie qui a réuni une quarantaine d'associations. A la manœuvre, le parc des expos et le journal "L'Alsace", pour une première édition à vivre entre Mertzau et la porte de Bourtzwiller, au parc-expo et à la Cité de l'Auto - collection Schlumpf. La navette étant assurée par un "revenant", le bus Chausson restauré intégralement par les ateliers de Soléa. 41 ans après son retrait du service, le véhicule marqué TCM a vu monter ses premiers voyageurs samedi. 






Malgré la chaleur du week-end, des milliers d'admirateurs de vieux moteurs et châssis ont convergé vers le site du FVA. Les parkings de Mulhouse Expo étant privatisés pour les propriétaires d'autos d'hier.
Si notre monde est en quête de valeurs, il est aussi en quête de souvenirs. 














#fvamulhouse


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