26 septembre 2025

DONNER DE LA VISIBILITE AUX CHIENS GUIDES D'AVEUGLES





Le dernier dimanche de septembre est celui de la Fédération française des associations de chiens guides d'aveugles. 14 centres d'éducation ouvrent leurs portes au public ce 28 septembre, dont Cernay dans le Haut-Rhin


La Journée des chiens guides sensibilise les visiteurs au handicap visuel, ouvre les coulisses de l'éducation  canine et alerte sur les discriminations persistantes comme les refus d'accès dans les transports ou les lieux publics. Elle met également en lumière la chaîne de solidarité unique qui permet aux malvoyants et non-voyants d'accéder gratuitement à un compagnon de route sûr et attachant.

Chiens guides de l'Est occupe un bâtiment contemporain  lumineux et fonctionnel à proximité du pôle ENR, un espace économique dans les Rives de la Thur à Cernay. L'association fondée il y a une trentaine d'années par Danièle et Louis Griffanti s'y est installée pendant la période Covid. Marion Meyer m'accueille tout sourire, qui dirige une quinzaine de salariés et gère une cinquantaine de bénévoles. Pauline, une collaboratrice, arpente les couloirs dans un costume de labrador blond, en préparation de la journée festive. Dans le sillage de la directrice, une câline chienne au poil noir, Païta, retirée du service mais mascotte des lieux. Marion a été éducatrice auparavant. A Cernay, ils sont 8 à faire des chiens des facilitateurs de vie. Les chiots sont issus d'un élevage spécifique en Auvergne. Ils grandissent dans des familles d'accueil. Le labrador est particulièrement recherché, de par sa taille et sa compatibilité avec l'homme. Je découvre le labradoodle, croisement entre retriever et caniche, un compagnon polyvalent. Ce week-end, Cernay sera fier de marquer le 300e labrador formé depuis 1991. Il a été attribué il y a quelques mois à une jeune Franc-Comtoise. 





L'école du pays Thur-Doller forme des chiens pour des majeurs qui remplissent un certain nombre de conditions évidemment, comme l'autonomie dans le déplacement et l'envie de partager son quotidien avec un animal. La préparation du chien guide est longue, deux ans, et coûteuse. On parle de 25.000 €. Le bénéficiaire sera tenu d'entretenir ce qui restera la propriété de l'association mais n' a pas à payer cette location de longue durée. Et quand le fidèle labrador  ne sera plus apte au service, il finira soit chez son maître déficient soit dans son centre. Aujourd'hui, Cernay éduque une trentaine de chiens, l'objectif étant d'en sortir 10 par an. Pour l'année en cours, 8 ont été attribués. 

C'est ici que démarre la nouvelle vie des candidats au chien guide. Ils n'y verront guère mieux mais verront leurs déplacements dans l'espace public avec plus de confiance. La canne blanche, même électronique, exige beaucoup de concentration. Ce que les passants ne voient pas. 

Enfin, Chiens guides de l'Est (Cernay et Woippy) est essentiellement financé par la générosité publique. L'association compte sur vous pour continuer d'éclairer le chemin de ceux qui ne le distinguent pas.






21 septembre 2025

LES SECRETS DE LA BANQUE DE FRANCE DE MULHOUSE

Journées européennes du patrimoine 






Vendredi, 13H50. Derrière la grille, un petit chapiteau blanc pour les formalités. Le directeur Benoît Dhaille  et son adjoint Frédéric Scholl accueillent leurs invités. Essentiellement des chefs d'entreprises et acteurs économiques. Nous sommes une quinzaine pour ce rendez-vous Banque de France  de la succursale de Mulhouse. L'établissement communique aujourd'hui sur les perspectives conjoncturelles de fin d'année dans le Grand Est. A l'occasion des Journées du patrimoine, il ouvre aussi ses portes au public, sur inscription préalable. Cette fin de semaine, 300 personnes seront passées par le 11, rue de la Somme.





J'avais découvert la maison début 2024 à l'invitation du précédent directeur départemental Laurent Quinet, qui nous avait fait la visite jusqu'au sous-sol. Depuis, l'effectif s'est encore rétréci. Ils ne sont plus qu'une demi-douzaine là où travaillaient plus de cinquante dans les années 80. C'était surtout de la comptabilité, explique Benoît Dhaille dans sa rapide présentation itinérante des lieux. Nous ne verrons pas l'étage, réservé naguère au caissier et au directeur. Leur présence dans la banque était sécuritaire mais aussi un point faible, si d'aventure des malfaiteurs leur mettaient  la main dessus. Créée par le Premier consul Napoléon, la Banque de France a le monopole de la frappe de monnaie depuis 1848. Dans le Grand Est, les établissements de Reims et de Metz viennent de perdre leur activité fiduciaire. Strasbourg est désormais seule à s'occuper de fonds physiques dans la région. Mulhouse en a été délestée depuis des années. C'est pourquoi il nous est possible de descendre aujourd'hui dans "l'épicerie". Ici, on ne parle pas de valeurs mais de paquets. Un paquet c'étaient mille billets. Et quand on imagine un opérateur  en manipuler trois cents par jour, cela représente des  sommes astronomiques. Etant entendu qu'un employé ne se trouvait jamais seul dans le coffre, gardé par une porte de huit tonnes. "On ne vient pas attaquer la Banque de France" assure le directeur. 




Benoît Dhaille est fier enfin de nous ouvrir son bureau, spacieux, dont la particularité est murale. Celui-ci est habillé d'une tapisserie Zuber, dont la sœur jumelle est visible dans le salon des diplomates de la Maison - Blanche. En 2027, la succursale déménagera dans des murs moins cossus, 70 ans après la reconstruction rue de la Somme. A la Libération, la Banque de France avait subi le feu américain, elle qui s'étendait jusqu'à la rue du Sauvage. Dans les décombres, on avait retrouvé des bouteilles de champagne vides. Il n'y avait pas que de l'argent dans le bâtiment de la banque des banques.