26 mars 2025

CARPES FRITES ET CARPAILLES EN FETE




Le lancement des Carpailles se fait habituellement chez l'un des restaurateurs participant à cette quinzaine gastronomique sundgauvienne, en famille pourrait-on dire. Cette fois, c'était une cuvée exceptionnelle, à la salle des fêtes de Hirtzbach. Une grande salle pour un public élargi aux amateurs de carpe qui avaient dû réserver et qui bien sûr a fait le plein. L'association Le Sundgau, Routes de la Carpe frite a 50 ans. Et Les Carpailles 20. Il fallait marquer ce double anniversaire.





Alors quelque 250 convives ont investi la salle décorée de ballons blancs et bleus pour près de 5 heures de convivialité et de partage. Les organisateurs ont dû refuser une centaine de réservations. Les déçus pourront se rabattre sur la saison de la carpe autrement dans quelques jours. En attendant, les nostalgiques auront retrouvé un Jean-Luc Reitzer des grands jours, quand il discourait en qualité de tribun du Sundgau. En un demi-siècle, l'association n'aura connu que deux présidents. Le Colmarien Joseph Rey et l'Altkirchois. Le député retraité a rouvert naturellement l'album aux souvenirs. 




1975 a vu naître Le Sundgau, Routes de la Carpe frite sur l'initiative d'hôteliers restaurateurs en partenariat avec le Conseil général, les organismes consulaires et les pisciculteurs. Une trentaine de chefs étaient au départ. L'association allait devenir le meilleur ambassadeur du plat signature du Sundgau. Chacun œuvrant dans son environnement et ses cercles pour promouvoir la carpe enrobée de semoule et plongée dans un bain d'huile. Jean-Luc Reitzer n'aura pas eu de mal à convaincre ses collègues de l'Assemblée, qu'il a fréquentée de 1988 à 2022. Récemment, la carpe est allée chatouiller les narines des sénateurs. Quelques minutes ne suffisent pas à refaire un demi siècle d'histoire, mais des visages reviennent, qui ont compté, des pionniers aux plus récents. Ils s'appelaient Raymond Petit-Richard, François Wadel, Charles Ritter, Tony Troxler, Robert Zieba... Ils s'appellent Robert Fischer, Pieter Harens, Frédéric Stantina, Monika Munch, Charlotte Woerner... Grâce à tous ces défenseurs de la carpe frite, la spécialité culinaire du Sundgau a pu voyager et étendre son rayonnement de Strasbourg à Monaco, du Jura suisse au Var. Pourtant se souvient le président Reitzer, quel "combat homérique" a-t-il fallu livrer pour matérialiser la route dans un pays déjà surnormé. Mais quel triomphe quand en 1992 le Conseil national des Arts culinaires déclara le Sundgau "site remarquable du goût". Les regrettés Louis Heilmann et Martin Hett peuvent dormir tranquilles. La carpe frite est vivante et on vient de loin la déguster. Et c'est un des sujets les plus recherchés dans l'information touristique de l'arrondissement. 




Pour la saison jubilaire, ils ne sont pourtant plus que 10 chefs à faire Carpailles mais la diversité est au rendez-vous. Les participants s'honorent de leur inventivité et de leur audace pour proposer autre chose que la carpe traditionnelle. Il suffit de toucher à l'assiette apéritive servie à Hirtzbach.



Des goûts, des couleurs, des associations insoupçonnées. Osez Les Carpailles, inaugurées en musique et en danse avec les Burgdeifala d'Illfurth, groupe à peine plus vieux que l'association de restaurateurs et l'octuor Graffiti qui ranime des chansons oubliées. Carpe diem et carpe frite…




Les Carpailles du 4 au 18 avril dans le Sundgau.

21 mars 2025

EUROPA-PARK : 50 ANS ET MONACO







La Ruster Kapelle, comme en 1975

Le 12 juillet 1975, un nouveau parc de loisirs accueillait ses premiers visiteurs à Rust, un village de l'Ortenau qui jadis appartenait à une famille strasbourgeoise. Il fallait être fou pour se lancer dans une telle aventure, ce genre de sites étant alors rares. Europa-Park commença sur 16 ha, offrant 15 attractions et un spectacle de marionnettes avec 50 collaborateurs. Aux commandes, une famille de constructeurs de manèges, Mack. Franz  l'entrepreneur et Roland, son fils aîné. La première saison attira 250.000 visiteurs. Ce que n'a jamais réalisé en dix ans le Parc du Petit Prince, le premier parc d'attractions alsacien. 



La Monza Piste éternelle

Je connais Europa-Park depuis toujours. A l'époque, nous y allions en car. 50 ans plus tard, Roland Mack est un fringant septuagénaire toujours commandant de ce paquebot qui fait la notoriété et la prospérité de son arrondissement. Les 6 millions de visiteurs annuels dépensent plus de 250 millions d'euros dans la région de l'Ortenau - Emmendingen et en Alsace. Tout cela a été rappelé à la conférence de presse annuelle d'Europa-Park le 13 mars. 




Si la qualité est l'ADN de l'industrie Mack, le dépassement est la coutume. Ainsi la Jubiläumspressekonferenz a été grandiose sous le Dôme. 300 journalistes accrédités de 19 pays. Mais Europa-Park est une référence mondiale, le parc d'attractions préféré. Alors oui, cette conférence de presse a pu sembler interminable, mais un show soigneusement préparé. Sur scène, la famille Mack des dernières générations, Roland et son frère Jürgen, qui fut encore lycéen en 1975  et leurs enfants. La direction générale  s'enrichit d'une femme avec Ann-Kathrin Mack qui hérite notamment du marketing.  Mais pas d'orateur politique, alors que de l'autre côté du Rhin les élus se réjouissent de prendre le micro. Roland Mack le répète inlassablement : Europa-Park s'est construit sans argent public. Du reste, l'entrepreneur préfère les politiciens à Berlin afin qu'ils s'occupent de donner un gouvernement à un pays en panne. Lui fait du rêve et s'attache à donner du bonheur aux familles. 

J'ai l'impression que le propriétaire n'a pas pris une ride malgré les décennies et un demi-siècle à œuvrer sans subvention dans un environnement qui ne fait pas de cadeaux. Pour agrandir son domaine, Roland Mack a dû procéder méticuleusement, parcelle après parcelle, rappelle-t-il, un brin mélancolique à l'idée de devoir un jour passer la main. Mais là où d'autres n'ont pas de relève, la saga Mack n'est pas près de s'éteindre. On connaît Michael et Thomas, les fils de Roland. Jürgen a placé son fils Frederic, en attendant que sa fille achève ses études. 250 ans d'histoire derrière eux. 




Pas de conférence de presse sans personnalités marquantes. Un défilé occupe la scène, dans lequel on remarque entre autres Stefan Mross qui a l'âge du parc, Olaf des Flippers, DJ BoBo... Mais 2025 annonce Monaco, avec une délégation venue témoigner l'attachement du Prince à ce coin d'Allemagne où on a le sens du divertissement. Roland Mack a été fait ambassadeur du Cirque de Monte-Carlo. L'an prochain, la Principauté aura son quartier thématique à Europa-Park, ce sera le 18e, avec une attraction digne de ce nom. En apéritif, un film d'animation au cinéma et une expérience familiale dans une ambiance Grand Prix. Les frères Mack ont donné le coup d'envoi de cette saison de jubilé dans des bolides bruyants. En attendant une année d'exception. Un Zeppelin est en vue pour l'été.



Albert de Paris, 39 ans de présence à Rust 



L'orchestre du Cirque de Monte-Carlo accueille les invités




Et puis nous, Matthieu Frey (NRJ Mulhouse) et moi