Le lancement des Carpailles se fait habituellement chez l'un des restaurateurs participant à cette quinzaine gastronomique sundgauvienne, en famille pourrait-on dire. Cette fois, c'était une cuvée exceptionnelle, à la salle des fêtes de Hirtzbach. Une grande salle pour un public élargi aux amateurs de carpe qui avaient dû réserver et qui bien sûr a fait le plein. L'association Le Sundgau, Routes de la Carpe frite a 50 ans. Et Les Carpailles 20. Il fallait marquer ce double anniversaire.
Alors quelque 250 convives ont investi la salle décorée de ballons blancs et bleus pour près de 5 heures de convivialité et de partage. Les organisateurs ont dû refuser une centaine de réservations. Les déçus pourront se rabattre sur la saison de la carpe autrement dans quelques jours. En attendant, les nostalgiques auront retrouvé un Jean-Luc Reitzer des grands jours, quand il discourait en qualité de tribun du Sundgau. En un demi-siècle, l'association n'aura connu que deux présidents. Le Colmarien Joseph Rey et l'Altkirchois. Le député retraité a rouvert naturellement l'album aux souvenirs.
1975 a vu naître Le Sundgau, Routes de la Carpe frite sur l'initiative d'hôteliers restaurateurs en partenariat avec le Conseil général, les organismes consulaires et les pisciculteurs. Une trentaine de chefs étaient au départ. L'association allait devenir le meilleur ambassadeur du plat signature du Sundgau. Chacun œuvrant dans son environnement et ses cercles pour promouvoir la carpe enrobée de semoule et plongée dans un bain d'huile. Jean-Luc Reitzer n'aura pas eu de mal à convaincre ses collègues de l'Assemblée, qu'il a fréquentée de 1988 à 2022. Récemment, la carpe est allée chatouiller les narines des sénateurs. Quelques minutes ne suffisent pas à refaire un demi siècle d'histoire, mais des visages reviennent, qui ont compté, des pionniers aux plus récents. Ils s'appelaient Raymond Petit-Richard, François Wadel, Charles Ritter, Tony Troxler, Robert Zieba... Ils s'appellent Robert Fischer, Pieter Harens, Frédéric Stantina, Monika Munch, Charlotte Woerner... Grâce à tous ces défenseurs de la carpe frite, la spécialité culinaire du Sundgau a pu voyager et étendre son rayonnement de Strasbourg à Monaco, du Jura suisse au Var. Pourtant se souvient le président Reitzer, quel "combat homérique" a-t-il fallu livrer pour matérialiser la route dans un pays déjà surnormé. Mais quel triomphe quand en 1992 le Conseil national des Arts culinaires déclara le Sundgau "site remarquable du goût". Les regrettés Louis Heilmann et Martin Hett peuvent dormir tranquilles. La carpe frite est vivante et on vient de loin la déguster. Et c'est un des sujets les plus recherchés dans l'information touristique de l'arrondissement.
Pour la saison jubilaire, ils ne sont pourtant plus que 10 chefs à faire Carpailles mais la diversité est au rendez-vous. Les participants s'honorent de leur inventivité et de leur audace pour proposer autre chose que la carpe traditionnelle. Il suffit de toucher à l'assiette apéritive servie à Hirtzbach.
Des goûts, des couleurs, des associations insoupçonnées. Osez Les Carpailles, inaugurées en musique et en danse avec les Burgdeifala d'Illfurth, groupe à peine plus vieux que l'association de restaurateurs et l'octuor Graffiti qui ranime des chansons oubliées. Carpe diem et carpe frite…
Les Carpailles du 4 au 18 avril dans le Sundgau.
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