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Un nouveau livre, dans lequel ils misent sur l'image...Pierre Freyburger, Hélène Poizat et Fanny Delqué éclairent dans une fiction le côté obscur d'une institution mulhousienne qui nourrit les créateurs textiles.
Le MISE, Musée de l'Impression sur étoffes de Mulhouse, revient sous les feux de l'actualité cette mi-novembre, avec deux événements qui ne sont pas liés. C'est d'abord "Forêt Enchantée", le marché de Noël de sa boutique, toujours parmi les premiers d'Alsace; c'est ensuite le lancement officiel de MISE A SAC, le troisième livre consacré à l'affaire qui secoue la mémoire de l'industrie textile locale depuis quelques années.
MISE A SAC est le premier roman graphique à Mulhouse, annonce Pierre Freyburger. L'ancien puis ex-adjoint de Jean-Marie Bockel et ancien conseiller général de l'ouest mulhousien est aussi le petit-fils du dessinateur textile Jacques Dettwiller. Au printemps 2018, à l'occasion d'un don, il allait apprendre de terribles nouvelles. Ce qui l'aura amené à publier chez Médiapop "Musée de l'Impression sur étoffes de Mulhouse - Autopsie d'un pillage". Suivi d'un deuxième ouvrage chez le même éditeur, "Le Naufrage d'un musée", coécrit avec Hélène Poizat. La journaliste de L'Alsace suit le MISE depuis une vingtaine d'années. J'ai eu l'occasion de l'y croiser souvent, habitué des visites de presse comme elle dans le "monde d'avant". Hélène et moi connaissions la petite équipe de ce temple d'une glorieuse épopée, "plus grande réserve au monde de motifs textiles". Je n'oublierai pas le regard rieur d'Eric, le directeur, disparu prématurément. Et après deux années de travail, le 3e livre est officiellement présenté dans le cadre du 39e Bédéciné, le festival d'Illzach. Pierre et Hélène ont poursuivi leur collaboration, qu'ils ont étendue à l'illustratrice Fanny Delqué, investie dans une réalisation nouvelle pour elle. Mais parce que le scandale du MISE n'est pas suffisamment connu, les trois Mulhousiens ont dû créer leur propre maison d'édition, La Doller. Avec le soutien de la Ville et de la CeA, 2000 exemplaires ont été imprimés.
MISE A SAC aurait pu être présenté au dernier Festival sans nom, compte tenu de l'ambiance noire qui s'en dégage. Mais il n'y a pas d'homicide. Dans la mort du directeur, la police avait conclu à l'accident. Le propos des auteurs rafraîchit la mémoire des connaisseurs du musée. Ils ont créé une œuvre de fiction à vocation artistique, servie par le dessin numérique en noir et blanc, bien qu'inspirée des faits réels. Fanny a donné corps à une galerie de portraits que les familiers de la rue Henner n'auront pas de mal à identifier. En attendant, les noms ont été changés. Marc Bellamy, le directeur, Jean-Frédéric Kintzler, le délégué à la conservation, Nadine Vogel, présidente du MISE, sont évocateurs. Le roman graphique revient sur la période récente de l'institution, autour de la découverte du pot aux roses ou plutôt du pillage des collections.
Si le musée a récupéré une petite partie de ses carrés Hermès et quelques dizaines de livres d'échantillons, les pertes sont considérables et plus de 6 ans après le sinistre avril, "on ne connaît pas l'avancement de l'enquête", au grand dam de l'ancienne procureure de la place partie à la retraite. Pierre Freyburger avait apporté des centaines de dessins de son aïeul, de quoi ajouter aux réserves dont peu ont le secret. A l'heure où l'exposition "Quel chantier!" va finir au MISE, le livre "plonge dans ce tissu de mensonges pour tenter d'en démêler l'écheveau", mais Elise la journaliste qui investigue dans le scénario n'est pas au bout de ses interrogations.
Le roman lancé à Illzach a été dévoilé quelques jours plus tôt à la presse à la librairie Canal BD-Tribulles de Mulhouse.
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