30 décembre 2022

NOEL A COLMAR, CA TOURNE !

Décembre se termine, les marchés de Noël se sont achevés pour la quasi-totalité d'entre eux. Colmar a éteint les siens le 29, en présence de la foule. 
Cette année, j'ai visité la préfecture du Haut-Rhin à deux reprises, lors de l'inauguration puis le week-end suivant. L'occasion de croiser Chris Marques, le danseur et chorégraphe...colmarien, ravi de cette parenthèse festive. 


L'attraction de la fin d'année a été la grande roue, sur l'initiative d'un entrepreneur régional, Steve Risch, le patron de Fortwenger, le leader français du pain d'épices. Le manège monumental de 36 m de haut doté de cabines fermées assurait de manière autonome son illumination par Led. Il pouvait emmener une centaine de passagers. En soirée, il devenait restaurant tournant.



Steve Risch (au premier plan) 

Colmar revendiquait "l'âme de Noël". La capitale des vins d'Alsace capitalise sur son patrimoine, avec ces maisons à colombages à croquer comme une gourmandise de Gertwiller, mais aussi sur la diversité des lieux et des marchés. La contrepartie est la fréquentation touristique, cependant génératrice d'affaires. 



J'ai une préférence par ailleurs pour la patinoire colmarienne, que j'avais essayée un jour.
Une vraie surface glacée et de l'espace, à prix attractif. Mais Colmar est une ville de 68.000 habitants. L'équipement offrait 800 m2 dans une atmosphère de Noël à la montagne.














26 décembre 2022

GLORIEUSES DE BRESSE : MISE EN BOUCHE A LA GRANGE ROUGE

#glorieuselouhans #pouletdebresse #glorieusesdebresse #volaillesaop





Ce devait être le dernier accueil presse en 2014, quand nous avions pris la route des Glorieuses de Bresse de Louhans, en Bourgogne du Sud. Nous étions alors une demi-douzaine de journalistes pris en charge par l'accorte Véronique Beigenger. 8 ans plus tard, je me suis retrouvé salle de la Grenette à l'invitation de Destination Saône-et-Loire. Les Glorieuses fêtent leur 160e anniversaire. Dans leur capitale, ce sera en 2025.


Cette fois je suis parti seul avec mon véhicule. Près de 3 heures de route, essentiellement d'autoroute pour effectuer les 250 km me séparant de Louhans - Châteaurenaud, capitale de la Bresse bourguignonne. Le temps est très nuageux et froid mais enfin calme après les intempéries.
Je découvre une formule d'hébergement, l'appart'hôtel, à proximité d'une maison qui plante le décor, "La Poularde", un hôtel - restaurant. ADT71 m'a réservé ce qui se ferait de mieux , l'Appart'Hôtel Eugénie ****, mon appartement portant le nom "Euzèbe". Je suis arrivé dans les pas d'un autre journaliste, avec lequel je n'aurai d'autre échange qu'un "Bonjour". Un confrère d'un magazine culinaire. Heureusement, l'office de tourisme proche m'envoie Loris, un chargé d'accueil récemment intégré et qui va connaître ses premières Glorieuses louhannaises. 




La nuit est tombée. Loris me conduit hors agglomération, à La Chapelle-Naude. Je reconnais La Grange Rouge, centre rural de développement culturel et son ancienne ferme bourguignonne. Une trentaine de personnes s'y retrouvent ce soir pour le Bresse d'Or, concours de dégustation auquel nous avions participé déjà en décembre 2014. Quelques visages me sont familiers, dont Jean-Paul Treboz, figure incontournable de l'agriculture bressane, en charge notamment de l'organisation de la Glorieuse de Saône-et-Loire. En cuisine, d'anciens chefs s'affairent à la cuisson de cinq volailles. Comme dans une salle de classe, nous voilà assis deux par deux, pour la dégustation notée de ces produits d'exception que sont les poulets AOP Bresse. Pour départager d'éventuels ex-aequo, il nous est demandé d'apprécier visuellement déjà les pièces rôties .




J'ai été choisi pour faire binôme avec Cathy, ancienne proviseure, gastronome et membre de la confrérie des Poulardiers qui défilera demain. Nous ne nous connaissons pas, mais nous nous accordons très vite sur les critères du jury, texture, goût, peau, finesse. Cependant je ne retrouve pas le goût de petit lait sur les volailles. Cathy a de la bouteille dans le domaine. Nous devons goûter cinq échantillons de viande blanche et autant de rouge.  

Nous ne saurons pas ce soir quel est l'éleveur qui sort vainqueur du concours, mais un poulet s'est nettement détaché. Et notre notation n'a pas été à côté de la plaque de cuisson.




Comme naguère, après les travaux du jury, un apéritif dînatoire conclut cette rencontre conviviale autour de la volaille et des produits laitiers AOP Bresse. Je découvre à présent le blanc de Viré. Le moment ne s'éternise pas. 




Demain avant le jour, il faudra être salle de la Grenette pour la mise en place des volailles de concours de la Glorieuse louhannaise. 



DESTINATION SAONE-ET-LOIRE                   www.route71.fr

21 décembre 2022

JUKE BOX SIXTIES ET LIVRES NUMERIQUES




En marge des Lumières de Noël de Montbéliard, plusieurs expositions méritent le détour dans la cité des Princes. Un bond d'abord dans un passé pas si lointain pour nombre d'entre nous à la Médiathèque.


Au Centre des Alliés, tout proche de la gare, l'équipe de Pascale Eglin a créé une atmosphère délicieusement rétro sur deux niveaux. "Balade dans les 50's & 60's", décennies pétillantes et colorées de l'après-guerre. Youssef, collaborateur de la directrice, se passionne pour la musique de ces tendres années qu'il n'a pas connues. Il a suggéré ce voyage au pays du robot Peugimix et de l'électrophone valise, agrémenté depuis son lancement d'une trentaine d'animations dont un bal hors les murs. 




La médiathèque a fouillé dans ses archives pour restituer les Une de Paris-Match ; d'autres ont apporté leur contribution, comme le collectionneur et marchand Laurent Methot et sa vingtaine de chaises design et l'ancien conservateur adjoint Bernard Goetz et ses poupées Barbie. Le lycée Les Huisselets a reproduit une robe dont les fleurs voisinent avec "Le manège enchanté" et "Bonne nuit les petits"... 






Youssef constate que les Belles Américaines attirent toujours les regards, tandis que deux juke-box se font face, l'un de 1961, l'autre réplique de l'ère numérique. Chacun a l'occasion de s'émerveiller en rafraîchissant sa mémoire ou en imaginant la vie quotidienne des générations précédentes. 









On apprend enfin que Montbéliard fut jumelée après la guerre à Greensboro, ville de Caroline du Nord. Pascale Eglin considère une photo noir et blanc sur laquelle elle apparaît jeune. Dans un an, elle fermera son livre professionnel. Mais le 30 décembre, l'expo vintage s'achèvera sur la projection de "La Bamba", film de 1987. L'histoire de Richie Valens nous met déjà 35 ans dans le rétroviseur. 





Médiathèque de Montbéliard  6, avenue des Alliés 



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11 décembre 2022

LES BEAUX SAPINS DE HUNINGUE

 




A l'écart des grands marchés de l'Avent noirs de monde, la Ville de Huningue a proposé pendant près de dix jours son premier Village de Noël place Abbatucci. Comme dans nombre de petits marchés, des artisans locaux et de la petite restauration. Une maison proposait son bretzel à 2 € "parce ce qu'il faut bien lui donner un prix" et compte tenu de la flambée des coûts. Il est vrai qu'on est dans le Pays des Trois-Frontières mais toujours côté français.
En revanche, la bonne surprise est venue du Carrousel Jules Verne, qui affichait 50 centimes le tour de manège. Un prix imbattable. 

Pour cette dernière journée de l'animation de Noël sur la grande place de la cité Vauban, l'orgue de barbarie et une formation musicale festive ont distillé leurs airs devant un nombreux public familial. 

Huningue a trouvé la bonne formule pour créer l'atmosphère d'une place de Noël avec force sapins. Saint-Louis pendant ce temps a remplacé sa patinoire par une structure à luge, en attendant le Noël de la Cité Danzas.







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10 décembre 2022

EN REMONTANT LA RUE BRULEE BLANCHIE



 Il arrive que les intempéries arrêtent un chantier. Aujourd'hui nous n'entendrons pas les puissants tracteurs monter et descendre la rue brûlée, drainant sur la chaussée la terre arrachée au vallon. La neige devenue rare en ville, il m'a semblé opportun de faire un tour sur l'ancien pâturage balafré par les engins de travaux publics et pour quelques heures ou jours recouvert d'un manteau blanc.




La végétation au-dessus de la friche Zeyer a été emportée. Un vieux monsieur s'interroge sur la pertinence de cette transformation qui le prive de sa faune sauvage. Les sillons préfigurent de nouvelles rues. Demain, ce coin oublié d'Altkirch sera probablement livré à un énième lotissement. Le brennta Gassla qui naguère ressemblait à un chemin s'est élargi. Ainsi, l'urbanisation des hauteurs continue. Les investisseurs auront au moins une vue sur les trois "tours" d'Altkirch. 
























  • 09 décembre 2022 texte et photos Pascal Kury

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25 novembre 2022

ALTKIRCH : STE-CATHERINE REDUITE




Il est vingt-et-une heures quand je remonte la rue du 3e Zouaves dont un tronçon est toujours dans l'obscurité. Je croise un homme avançant avec une lampe de poche. Au débouché de la rue Brûlée, je devrais trouver des cartons et d'autres emballages. Rien. Les restaurants sont vides, les exploitants sur le départ ou en train de finir, les chaises sur la table. Les bancs extérieurs pliés. C'était jour de foire aujourd'hui à Altkirch. La Ste-Catherine. Une manifestation cinq fois centenaire, plus vieille que le Christkindelsmärik de Strasbourg. Mais qui cette année s'est recroquevillée sur le pourtour du centre-ville et sa rue administrative. Depuis les attentats de Paris et la crise sanitaire, la configuration de la sortie annuelle des Sundgauviens a été durablement modifiée. Les rues de mon enfance qu'un véhicule de pompiers aurait eu du mal à remonter appartiennent bien au passé.




En arpentant la haute ville les jours précédents, je me doutais du rétrécissement du périmètre en considérant la numérotation au sol. La foire Ste-Catherine et ses 850 exposants hier en a perdu les trois quarts. Et ces emplacements vides rue de Gaulle, quand le marchand de textiles se trouvait presque isolé derrière le presbytère. Certes il pleuvait encore en début de journée, mais on savait que le soleil se montrerait un peu. 


Même la fréquentation a baissé. La mythique foire d'automne a été rétrogradée au rang de grand marché. Heureusement qu'elle a su garder sa spécificité de foire agricole, avec son offre de machinisme unique dans la région et rester un lieu d'échanges privilégiés entre les acteurs de la filière terre. Si la place Jourdain est le centre de la manifestation avec son exposition de tracteurs, on retrouve avec plaisir des connaissances et des amis au gré de sa pérégrination. Les clubs service ne sont pas les derniers à alimenter les passants, si ce n'est une association sportive. La CGT elle aussi est au rendez-vous. Il est plus facile de capter un public en promenade qu'un actif pressé rue du Sauvage. Des voitures neuves sont alignées rue Gilardoni. Autrefois, c'était rue Henner. J'étais alors en scolarité, donc en congé ce jour particulier. 





Le temps a passé. La foire s'essouffle quand la Simon et Jude de Habsheim pourtant beaucoup plus jeune s'est redynamisée avec le concours de bovins. Mais gardons-en  les meilleurs souvenirs et le plaisir de furtives rencontres dans un monde qui a oublié qu'on pouvait se parler. 



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21 novembre 2022

D'GODA OU UNE CERTAINE IDEE DU SUNDGAU

Obermorschwiller vient de diffuser à son tour D'Goda, le film "ressuscité" de Louis Schittly et Daniel Schlosser.





1975. Nino Ferrer chantait Le Sud, Joe Dassin L'été indien
A Bernwiller, village natal de Jean-Jacques Henner, des cinéastes militants tournent avec les moyens du bord et dans des conditions rocambolesques un film qui aurait pu s'éteindre 
bien plus tard  dans ses bobines oubliées dans une grange. Heureusement, Vincent Froehly, réalisateur d'origine sundgauvienne lui aussi, a sorti le long métrage de l'oubli en le numérisant avec le concours de Corentin Baeumler. Ainsi revit D'Goda  dans sa version restaurée et diffusée avec succès depuis l'été à travers l'Alsace.

A Obermorschwiller, près d'Altkirch, certains se reconnaissent dans la résistance face à l'effacement de l'âme d'un territoire.
L'ancienne caisse du Crédit Mutuel avait pris la place d'une maison alsacienne. Aujourd'hui, c'est la bibliothèque du village où souffle un petit vent d'alsacianité, se réjouit Damien Foltzer, personnalité locale. Ce 18 novembre, on invitait à une nouvelle soirée  Les Alsatiques, autour de D'Goda. Le club-house du FCO est plein. On y croise beaucoup de seniors forcément, car le film est en dialecte, avec un sous-titrage en français. Dans le public, Michel Bisey, l'ancien libraire mulhousien, qui se souvient de l'avoir visionné à sa sortie
… 

Obermorschwiller a sa place dans le film. A l'époque, Daniel Schlosser passait par la commune et elle lui a plu. On verra ainsi le cimetière, la sortie de la messe ou encore la bâtisse remplacée par une CMDP...

D'Goda est Madame Meyer. Le rôle est confié à Jeanne Ehni, la maman de René, l'écrivain et dramaturge décédé en juin dernier. Lui-même campe le curé. "La marraine" est une femme d'un certain âge à la tête d'une petite exploitation agricole. Elle prend l'autocar pour Mulhouse avec des gamins et découvre le nouveau monde, la tout jeune Tour de l'Europe, quand rue des Boulangers une affiche appelle à transmettre l'alsacien aux enfants, "Lehre d'Kender Elsassisch" dans cette France d'Alsace où le français est désormais la norme. 

D'Goda va bientôt avoir de la visite. Berri, son Albert de fils, arrive avec son Alfa Romeo et sa petite famille. Il est devenu citadin et son retour à la maison n'est pas désintéressé. Il y a des affaires à envisager en cédant du terrain en vue d'un lotissement. Mais juré, il n'obtiendra rien jusqu'au dernier souffle de sa mère. Qui avait soupçonné l'intention d'écornifler ("Schmàrutzer"). Quant aux petits-enfants, ils ne comprennent plus rien bien sûr à la langue des aïeux. 

Les personnages sont pittoresques, de l'instituteur qui trouve grâce aux yeux de Mme Meyer au curé (René-Nicolas Ehni), qui rapplique curieusement dans une Renault 15 et incarne la modernité de Vatican II. La messe tridentine appartient au passé. Et puis Sepp, le jeune homme dont la chevelure interpelle d'Goda ("Putzwullakopf"). Mais ce n'est pas la coupe qui détermine le cœur, selon la sagesse du film. 


Louis Schittly est Xandri



Propriétaire, Mme Meyer va louer son exploitation agricole contre toute attente à un jeune couple, Xandri et Michelle, qui abandonnent leur situation et leur confort de ville pour le dur labeur de la terre. Xandri interprété par Louis Schittly. Le cofondateur de Médecins Sans Frontières avait compris avant l'heure que le bonheur était dans l'odeur du regain plutôt que dans l'air conditionné. Quant au salaire alléchant, à quoi bon s'il faut le gagner la boule au ventre ? Au bistrot, le maire est tancé par ses administrés pour rebaptiser la Judagassla  (ruelle des Juifs) par une banale "rue des fleurs". 
Les invectives ne sont pas loin, les jurons non plus. D'ailleurs les Sundgauviens sont réputés "grossiers" par la bien-pensance aux ordres de Paris. 

D'Goda se vit comme une pièce de théâtre alsacien, entre défenseurs d'un patrimoine et contradicteurs, comme Don Camillo et Peppone, avec de nombreuses expressions du terroir. En cela c'est jubilatoire. Comme la tablée animée par le saltimbanque Roger Siffer. Mais le long métrage en noir et blanc est surtout une ethnographie doublée d'un message militant. Un demi-siècle après sa réalisation, D'Goda  est d'une brûlante actualité avec la transition écologique et la préservation de la terre nourricière.


Photos : captures d'écran

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