5 juillet 2017

ThermaSalina : cure de jouvence des thermes de Salins-les-Bains

Depuis le XIXe siècle, Salins-les-Bains développe son activité thermale, profitant de sa ressource souterraine jadis qualifiée d' "or blanc", l'eau salée. Plus d'un millénaire durant, la cité jurassienne aura exploité ce cadeau de la terre indissociable de la table. Mais si la production de sel appartient au passé depuis plus de cinquante ans, les thermes viennent de bénéficier d'une transformation notable. A vos peignoirs !

 


Arrivé vers 11 heures dans cette petite ville sur laquelle veillent deux forts emblématiques, St-André et Belin, à l'abri du mont Poupet, je suis interpellé par une dame près de mon hôtel :
- Alors, on vient en vacances ?  Bon séjour mon jeune !
Après un filet de sandre au vin jaune apprécié au restaurant "Le Petit Blanc", un après-midi de curiste m'attend à ThermaSalina. C'est le nom du nouvel établissement thermal de Salins-les-Bains, ouvert en février. Il succède au vieillissant site du cœur de ville, qui ne répondait plus aux exigences d'aujourd'hui. Si le projet a divisé les Salinois, qui ont sanctionné l'équipe municipale en 2014, il fait le bonheur des visiteurs, désormais accueillis dans un ensemble de plain-pied de 2800 m2.
L'investissement est colossal pour une commune de quelque 2800 habitants (12 M€ HT) , mais c'est son moteur économique. Il est aussi reproché à l'ancienne municipalité d'avoir érigé le centre en-dehors du cœur de ville;  pourtant à pied, ce n'est pas un effort surhumain. Du reste, la Ville disposait d'un terrain qui lui a permis d'aménager un parking Place Barbarine avec vue sur les rondeurs jurassiennes.



La marque ThermaSalina "met en lumière la caractéristique quasi unique en France d'une eau naturellement salée, d'une densité en sels minéraux et oligo-éléments comparable à celle de la Mer Morte et que certains spas à la mode recréent artificiellement". L'eau de Salins est recommandée contre les arthroses, les séquelles des traumatismes, les douleurs articulaires en général. Pour les personnes en quête de bien - être, elle est source de décontraction musculaire intense, remède contre le stress et bienfaitrice du sommeil.



Un mois après son entrée en service - nous sommes fin mars 2017 -  j'ai le privilège de m'imprégner du site en qualité de journaliste de voyages. C'est un vendredi après-midi. Les visiteurs commencent à se rassembler devant les portes. Fabrice Lebeault m'accueille chaleureusement. Ce grand bonhomme à la voix aussi douce qu'un massage est le premier directeur d'exploitation  de ThermaSalina. Il a eu la charge de piloter la fin des travaux et le transfert d'activité. Il table sur une forte croissance, 4000 curistes à l'année et 45.000 entrées, avec un effectif d'une cinquantaine de collaborateurs dont l'employeur est la Ville de Salins. Fabrice me remet peignoir, serviette et bracelet électronique. Me voilà apprêté pour quatre heures de remise en forme et détente, avec un programme sur mesure.




Un passage d'abord à l'espace "Therm'Bien-Être" où une esthéticienne me prodigue un gommage au sel pendant une heure environ. Apaisé, je poursuis pour une vingtaine de minutes dans une cabine dotée d'une baignoire. Un hydrobain. Mon troisième soin sera la douche au jet. Quelques minutes d'exposition à une eau sous pression. Vers 17H, rencontre de la terre et de l'eau avec application de boue sur les articulations essentiellement. L'argile est chaude. L'opératrice m'enveloppe d'un emballage plastique et me laisse au repos un temps. Mon itinéraire thermal s'achèvera par un massage tonique sous eau salée. Après la douceur des mains féminines, me voici entre celles d'un colosse, un kiné polonais qui me fait la conversation comme un vieux pote.



Je n'aurai pas eu le loisir d'essayer les autres possibilités du centre, saunas, hammam, grand bassin de détente avec jacuzzi, buses massantes et cols de cygne, caldarium (bassin d'eau salée à 37°)... Mais j'ai regagné l'hôtel à la fois requinqué et promis à une nuit réparatrice, dans l'air printanier du Jura.





ThermaSalina. Les thermes et spa de Salins-les-Bains 💜💜💜💜

Ouverts quasiment toute l'année.

www.thermes.salins.com
www.jura-tourism.com


#terrasalina #thermessalins#thermasalina




3 juillet 2017

LE CHÂTEAU - FERME DE HOMBOURG


Thierry Engasser accueille l'OTC de Mulhouse 




L'office de tourisme et de congrès de Mulhouse et sa région pérennise l'offre de découverte économique. Parmi les nouveaux sites à visiter, le domaine de Hombourg. 

Le tourisme de découverte économique avait été initié par le Pays de la région mulhousienne avec le soutien financier du conseil régional et de M2A. Deux OT supplémentaires, Sundgau et Thann-Cernay-Guebwiller, sont engagés cette année aux côtés de trente-trois entreprises, dont trois nouvelles inscrites. Le calendrier propose quelque deux-cent-cinquante visites, essentiellement cet été.





Dans la bande rhénane, dans ce territoire absorbé depuis peu par la communauté d'agglomération de Mulhouse, voici le domaine de Hombourg. C'est la terre de la Hardt, avec ses galets, qui pourtant fait vivre ce qui reste toujours une exploitation agricole. Un demi-millier d'hectares d'un seul tenant, explique Thierry Engasser, régisseur des lieux (et maire du village). Dans la campagne bordant le Rhin, deux châteaux signalent la propriété. Une réplique de château-fort au bord de la route et une bâtisse de 2500 m2 en retrait, derrière la ferme, en partie dédiée au golf. Le faux château médiéval est un bâtiment tout sauf anodin. Il avait fonction d'étable au siècle dernier, mais de conception industrielle avec une architecture de béton. Un ensemble vertical pensé pour optimiser l'activité d'élevage, les tours étant des silos. Si le domaine de Hombourg revendique sa place dans le tourisme de découverte économique, c'est parce qu'il a évolué sous la main d'industriels, qui lui ont apporté leur ingénierie et leurs processus. Nicolas Koechlin d'abord, dans les années 1850, qui se passionnait aussi pour la chasse. Le capitaine d'industrie bien connu des Mulhousiens ne put conserver que Hombourg après avoir lourdement investi dans ses réalisations. Au XXe siècle, ce fut l'arrivée des Burrus, qui ont fait fortune dans le tabac et le chocolat. Des propriétaires toujours attachés à ce patrimoine, qui ont fait du château "rose", celui du fond,  leur résidence secondaire. 

Mais c'est l'exploitation agricole que Thierry Engasser raconte, lui qui a appris cette terre du Rhin avec son père. Mais aussi les difficultés du métier. Malgré les superficies, il faut rentabiliser la maison. 


Ce bâtiment abritait autrefois des palmiers. Volonté exotique du possesseur.

La patte de l'industriel à la ferme.



Le domaine de Hombourg se visite les 7 juillet et 4 août.
Renseignements et réservations auprès de l'OTC de Mulhouse et sa région.

DÎNER CHEZ SACKMANN A BAIERSBRONN

 Juillet 2014
Quatre générations de Sackmann 
















Retour dans le nord de la Forêt-Noire que vous appréciez entre autres pour sa gastronomie. Retour à Baiersbronn, capitale allemande des gourmets. Trois établissements se partagent ici huit étoiles Michelin.
Dans l’entreprise familiale fondée en 1927, Jörg Sackmann est le patron d’une institution, un hôtel 4 étoiles supérieur, son spa et ses restaurants dont le SchloBberg distingué de nombreuses fois.
Mais aussi un cuisinier de génie qui a appris auprès des grands et cuisiné pour les grands de ce monde. Jörg Sackmann innove pour ses convives qu’il veut enthousiasmer chaque jour.
La clientèle française est fidèle à ce chef auteur de livres et invité à la télé. Mais c’est d’abord un manuel, confie-t-il, qui expérimente et cuisine tout, avec le souci du produit sain et le respect du produit.
Jörg Sackmann, chef **, à Baiersbronn, Hôtel Sackmann.

28 juin 2017

LE JAMBON A L'ASPHALTE AU PAYS DE LA FEE VERTE

Sur la route du sel qui nous mène d'Yverdon-les-Bains à Arc-et-Senans, nous croisons celle de l'absinthe, entre Môtiers et Pontarlier. Etape - déjeuner  dans le canton de Neuchâtel, où nous dégusterons un plat inédit, le jambon cuit dans le bitume naturel.






Nous sommes sur le site minier de Travers, où durant trois siècles les hommes ont tiré de la terre le précieux minerai d'asphalte.

Nous n'avons pas le temps de visiter les galeries souterraines, mais dans ce qui tient lieu de boutique et d'accueil, une jeune femme nous propose l'apéritif anisé. L'absinthe de La Fée verte, en déclinaisons plus ou moins fortes. A cet instant, je me souviens de ma prime dégustation l'an passé de l'autre côté de la frontière, chez le distillateur pontissalien Guy. 
Puis nous passons à table. C'est une grande salle, qui en jouxte une autre. Une bonne quarantaine de convives occupent la nôtre, dans un brouhaha de kermesse scolaire. Au service, deux à quatre personnes, des gens robustes qui rappellent davantage le monde agricole que le grand hôtel de la station thermale. C'est à la bonne franquette ici, dans une ambiance de ferme-auberge. 
Le pinot noir fera long feu dans nos mémoires, la salade mêlée se fera aussi oublier. Mais la bonne surprise vient du plat, ce jambon cuit dans l'asphalte, escorté d'un gratin de pommes de terre et de haricots. Qu'importent les assiettes, aussi différentes que les têtes des clients, venus effacer une faim plutôt que de distraire leurs papilles. Quoique... Une pièce de charcuterie goûteuse et de jolie robe. 

C'était la promesse de cette halte de mi-journée : le jambon. Le personnel est complice. Il nous laisse passer par l'arrière et monter dans un atelier de type garage d'où s'échappe une odeur de pétrole.
Un homme portant tablier noir et lunettes ovales s'active. C'est Hans, le cuisinier de l'asphalte. Entre deux circulations, il explique sommairement le procédé transmis par les mineurs depuis près d'un siècle. Le jambon est enveloppé dans plusieurs couches de papier de boucherie et plongé dans un bain de bitume naturel à 180°. Le temps de cuisson varie selon le poids de la pièce qui sera ensuite mise au repos une journée. Le Café des Mines est sans doute le seul dans la région à perpétuer cette préparation festive, servie jadis pour la Sainte-Barbe. Aujourd'hui, il en produit annuellement 3,5 à 4 tonnes.  








Mon palais n'a pas été sensible au goût rectifié par le pétrole lourd. Mais il se souviendra de cette découverte.
De retour à table, une autre rencontre finit de nous convaincre : le parfait à l'absinthe. La Fée verte a fait son effet. Juste merveilleux.


Mines d'asphalte de Travers 
www.gout-region.ch 

26 juin 2017

UNE NUIT CHEZ LEDOUX A ARC-ET-SENANS

Premier samedi de l'été. En voyage de presse "Terra Salina" sur les routes du sel franco-suisses. Ce soir, nous dormons à Arc-et-Senans. A la Saline royale. 



En arrivant par la route champêtre, notre car rencontre un rassemblement festif de gens du voyage. Des musiciens ont improvisé une scène sur le plateau d'une remorque agricole. C'est aussi la fête dans la commune. Derrière un mur de deux mètres, nous entrons dans un autre monde. La Saline royale.
J'y suis venu en excursion scolaire voilà près de quarante ans. Je ne me souviens que vaguement des bâtiments en demi-cercle mondialement connus depuis le classement du site à l'UNESCO en 1982.

Edina, une avenante jeune femme, nous accueille. Elle est cheffe de projets européens pour l' EPCC jurassien. A l'exception d'une voiture blanche qui fait tache dans le paysage, aucun véhicule à moteur dans l'arc. Le jour va bientôt décliner, le soleil caresse une dernière fois les façades en pierres calcaires. 
Nous dînons dans une grande salle au rez-de-chaussée, où semblent tournoyer les tables dressées comme pour un banquet. Gougères et crémant du Jura pour ouvrir le dîner par un apéritif bourguignon - comtois gaspacho à la menthe d'ici, pavé de saumon aux légumes, tarte aux myrtilles et crème de citron. Les vins du Jura toujours estampillés "Saline royale" escortent les plats. 






A l'issue de ce repas qui aura effacé la mesquine salade mêlée du grand hôtel suisse la veille, une balade nocturne nous est proposée. Le groupe se disloque, nous finirons à deux à l'heure de la séparation, après avoir déambulé dans les jardins consacrés à Tintin cette année. C'est une belle soirée de juin, peu à peu les étoiles apparaissent là-haut.



Depuis 2013, il est possible de passer nuitée dans ce chef-d’œuvre du génial Claude-Nicolas Ledoux. 31 chambres sont dispersées dans les bâtiments réaménagés par son lointain successeur Jean-Michel Wilmotte. Chambre 25, dans le bâtiment des Gardes pour moi. Juste en face de l'édifice majeur à colonnes. Deuxième étage, double accès par escalier. Deux chaises design, un mobilier sans superflu, pas de décoration, juste une référence à une célébrité qui n'attire pas plus mon attention. Tête de lit chaleureuse. La seule faute de goût à mon sens est cette applique de garage au-dessus de ma couche double. Dans la salle de bains, le carrelage rouge tonifie le réveil matinal. Les serviettes sont signées "Saline royale" elles aussi. 
Il est tard, le sommeil sera court, d'autant qu'il fait chaud encore et que le dîner a été pris vers 21 heures. J'aurai le loisir d'entendre une chouette et des batraciens. Dans une paix incomparable. Pas d' écran de télévision ici. C'est parfait pour se retrouver dans un lieu sublimé par les éclairages.





Le lendemain matin, je retrouve mes confrères à la Maréchalerie pour le petit déjeuner. Ils sont enjoués. Ils ont bien dormi. 



Dormir à la Saline royale ***
03 8154 45 17 
reception@saline-royale.com

www.salineroyale.com  
 

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