12 septembre 2025

SYNAGOGUE DE DORNACH : DEMAIN SERA CULTUREL

Mulhouse 





En pleines Journées européennes de la culture juive, la Ville de Mulhouse vient d'annoncer le réveil d'un bâtiment abandonné depuis longtemps mais ancré dans la mémoire collective de Dornach. L'ancienne synagogue va connaître une nouvelle vie. 


Témoin d'une commune qui n'était pas encore un quartier de Mulhouse, la synagogue avait été construite en 1851 sur les plans de Jean-Baptiste Schacre, l'architecte de nombreux lieux cultuels mulhousiens dont le temple de la Place de la Réunion et l'église mêmement dédiée à saint Etienne. Dornach accueillait alors les juifs éloignés par  la calviniste ville industrielle. On ne sait dire quand le dernier culte y fut célébré. Mais après la Libération, le bâtiment fut désacralisé. On évoque un dépôt d'armes, des exécutions et une pratique en berne. Livré à lui-même, l'édifice a subi les attaques du temps et des visiteurs, dont les pigeons. 
Pourtant, cette synagogue désaffectée a toujours été un repère fort pour le quartier, explique Catherine Rapp, adjointe au maire référente pour Dornach. Elle n'est pas classée monument historique, mais qualifiée de remarquable. 


"On va la garder ainsi" 


C'est en 2002 que la Ville s'est portée acquéreur du lieu entouré de verdure. Depuis, des candidats se sont manifestés mais leurs intentions n'étaient pas convaincantes. Mulhouse a choisi le "temps long" pour  décider de la nouvelle vie rue des Juifs et s'assurer du financement. "Ce n'est pas une école", commente la maire Michèle Lutz. Mais la mairie a évité le pire en veillant aux réparations d'urgence, dont l'étanchéité. C'est dans cette  ancienne synagogue débarrassée de l'herbe et des nuisibles que l'adjointe Laure Houin a donné un calendrier. 8 à 9 mois de travaux à partir de février 2026, pour un coût de 755.000 € aujourd'hui porté par la Ville qui table sur une aide de la région. 









Le projet de renouveau est culturel. Après consultation des Dornachois, qui continueront d'être associés à la vie de ce lieu, un espace dédié aux arts visuels et aux pratiques amateurs s'imposait. Michèle Lutz est convaincue que le public est demandeur de lieux insolites pour l'expression culturelle. Mulhouse a bien la chapelle St-Jean mais sa jauge est très limitée. Ici celle-ci sera de 170 personnes. Surtout, le projet s'inscrit dans un environnement créatif qui a évolué avec le Squ'Art, le Museum Dan Gerbo, la HEAR, Motoco... Dornach aura la chance de garder un monument à l'intérieur magnifique une fois restauré et continuera de dormir tranquille. Pas de musique amplifiée en ces murs. Auxquels il faudra peut-être donner un nom. Puis se posera la question du stationnement, compliqué ici. 








5 septembre 2025

ANDRE REICHARDT CLAQUE LA PORTE DU SENAT



"La bataille d'Alsace continue", mais il devra y participer loin du pouvoir parisien. 




Frédéric Bierry et André Reichardt. Strasbourg, 05 septembre 2025




Il avait envisagé de publier un communiqué sous quinzaine. C'était compter sans son ami Frédéric Bierry qui l'a persuadé de rameuter la presse ce matin pour une explication fournie à l'hôtel d'Alsace à Strasbourg. André Reichardt démissionne de son mandat de sénateur à la fin du mois, juste avant la session ordinaire du Luxembourg. Il en a informé le président Larcher mardi et le préfet hier. Le sénateur du Bas-Rhin en a assez que son ancienne région ne trouve aucun écho en haut lieu. 

André Reichardt est une figure politique alsacienne. Au Sénat depuis bientôt 15 ans, le natif de Wissembourg a pu faire entendre sa voix à de multiples reprises pour faire sortir l'Alsace du Grand Est,  qu'il n'a jamais voulu, cette Alsace que les Alsaciens, sondage après sondage, espèrent redevenir une collectivité institutionnelle. "Les résultats ne sont pas à la hauteur, la Cour des comptes l'affirme, et comment laisser assassiner le lycée de Pulversheim par des élus qui ne le connaissent pas?" s'emporte André Reichardt.  


"Déni de démocratie" 



La goutte d'eau qui a fait déborder le vase est ce courrier reçu en début de semaine de la Présidence de la République. Une douzaine de parlementaires dont des macronistes et Frédéric Bierry avaient écrit ensemble au chef de l'Etat un an après qu'il eut exprimé "un besoin de liberté",  évoqué la suppression d'un échelon territorial, appelé à rouvrir la question des grandes régions. Au 80e anniversaire de la Libération de Strasbourg, Emmanuel Macron avait assuré "être avec les Alsaciens". Engagement réitéré au moins deux fois. Mais cet été 2025, il ne s'est toujours rien passé alors que la Corse entrevoit davantage de libertés. Le pire, la réponse de l'Elysée a été signée d'un proche collaborateur du président. C'est le fait de trop pour André Reichardt, qui est tombé de l'armoire. Le chef de l'Etat le renvoie à François Rebsamen, le ministre de l'Aménagement du Territoire qu'il a vu à de nombreuses reprises déjà. C'est parce qu'à tous les niveaux de l'Etat on déconsidère l'Alsace qu'André Reichardt démissionne. En sa qualité de parlementaire, il a maintes fois tenté de convaincre Paris d'écouter les Alsaciens. Pour améliorer la CeA, il avait "inondé le Sénat d'amendements". Tout lui a été refusé. 


"L'Alsace ignorée, maltraitée, méprisée"


Pour Frédéric Bierry, la décision du président du Mouvement pour l'Alsace est "une nouvelle majeure pour l'Alsace". La décision est "grave, rare, triste" dans une France "qui n'est plus un Etat fiable", regrette le président de la CeA, convaincu que le fossé entre les hautes autorités et les citoyens va encore se creuser. André Reichardt promet ne pas "déserter", il envoie un petit pavé dans la mare dans un contexte où les partis sont obnubilés par le nouveau locataire de Matignon et dans la suite celui de l'Elysée.

André Reichardt remet son mandat dans une colère froide, un crève-cœur, mais reste persuadé que l'Alsace qu'il avait conduite reviendra. C'est inéluctable pour ce politique aguerri de 74 ans. "C'est le sens de l'Histoire". En attendant, c'est un signe aux Alsaciens dans une période qui n'en avait pas besoin. 

Marc Séné, maire de Sarre-Union et conseiller du canton d'Ingwiller, va prendre le siège du démissionnaire dans la haute assemblée. 









Archives. Les conseillers généraux du Haut-Rhin contre la grande région