18 juillet 2025

PLOMBIERES-LES-BAINS AUX MILLE BALCONS VIDES









Elle était "la ville aux mille balcons". Ce mercredi matin de juillet 2025, Plombières-les-Bains me désole.  Nous y avions fait escale il y a plus de 10 ans lors d'un accueil presse et eu un aperçu de l'activité essentielle de ce que la nomenclature désigne désormais comme une "commune rurale à habitats dispersés". Le thermalisme. Avec sa vingtaine de sources d'eau chaude, la petite ville des Vosges méridionales  était réputée pour soigner les affections digestives et rhumatismales. Station thermale depuis l'Antiquité, elle comptait près d'une dizaine de sites dédiés. Avant la Covid, des milliers de curistes s'y retapaient. 2025 a sonné le glas de la mono-industrie avec la liquidation judiciaire de l'exploitation Avec, dont la gestion a été décriée. Quatre ans auparavant, le centre de bien-être Calodaé avait ouvert le ban funèbre.

Nous voilà sur la place Napoléon III  face à l'église St-Amé dont la toiture a été rénovée il y a quelques années. Le mobilier, comprenant  l'orgue du XIXe, est inscrit aux Monuments historiques




En descendant la rue Grillot, nous dénichons une adresse insolite, le Broc'Art Bar, lieu convivial de breuvages locaux, fripes et déco décalée. Nous y croisons Lucas, vitrailliste résident. Ce retraité de l'industrie s'adonne pleinement à son activité artistique et tient présentement l'accueil. 




Mais j'étais venu retrouver le passé thermal. Retour vers le centre-ville  où le passant est rare. Nous croiserons à trois reprises un couple de touristes.  Ces derniers ne courent pas les rues non plus. La pizzeria attend le client, mais nous déjeunerons contre toute attente à L'Antre du Panda, un jeune concept 'store tourné vers la pop culture. Le Rémois Romain est passionné par l'Asie. Il tient une petite épicerie et boutique Geek, flanquée d'un espace jeux de société et restauration. Nous allons déguster ses préparations coréennes et je me surprends à les consommer avec les baguettes, que je n'utilisais pas jusqu'alors.




 L'entrepreneur  tient grâce à ses produits de niche et ses animations, me confie-t-il, quand les  autres commerces ont fermé les uns après les autres. Les boutiques d'hier ont été remplacées par des brocanteurs et antiquaires; à défaut les vitrines se sont parées d'objets d'un temps révolu. C'est le nouveau business de Plombières. Les choses anciennes, qui attirent un public en quête aussi de patrimoine et de tranquillité. D'ailleurs un marché nocturne se met en place qui remplira le centre-ville dans quelques heures. 




Nous remontons vers la place centrale en considérant les vestiges d'une histoire glorieuse. Plombières-les-Bains a vu passer des célébrités et des puissants, de Voltaire à l'empereur Napoléon III. La petite ville doit se réinventer à moins de renaître dans cette eau qui lui a tant donné, une des plus chaudes d'Europe. Le robinet du thermalisme a été fermé, mais la culture ne s'efface pas. L'Espace Berlioz, l'ancien casino, est en rénovation. La vie coule toujours dans la vallée de l'Augronne.












11 juillet 2025

SORTIR DU BURNOUT AVEC LE CRM

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Au centre de réadaptation de Mulhouse, aucun sujet n'est tabou pour Tom Cardoso, le directeur général. "Nous ne traitons pas la trisomie 21 mais nous avons un restaurant inclusif. Nous ne sommes pas agréés pour la santé mentale mais nous nous intéressons au burnout." Depuis des années, ce mal du siècle interpelle les équipes du CRM qui ont monté un comité de pilotage en vue de proposer un nouveau dispositif dédié à l'épuisement professionnel. Depuis décembre 2023, on expérimente un accompagnement unique en France
C'est la Maison du Mieux-Etre, officiellement inaugurée le 10 juillet.  

A ce jour, 62 bénéficiaires ont été accueillis dans ce cheminement bienveillant et reconstructeur. Il s'agit à 73% de femmes, en couple pour les deux tiers , 49 ans d'âge moyen, en fonction depuis 17 ans dans leur entreprise dont 13 à leur poste de travail. A leur entrée à la MME, ils totalisaient en moyenne 13 mois d'arrêt maladie. Ces personnes exercent généralement dans les métiers liés à l'humain. Toutes ont été diagnostiquées en état de burnout. C'est la condition pour accéder au dispositif, les adresseurs  étant d'abord les psychologues libéraux

La prise en charge est innovante, coordonnée et pluridisciplinaire. Elle représente une réponse concrète à un enjeu de santé publique majeure, surtout qu'en 2025 la santé mentale est déclarée grande cause nationale. Le bénéficiaire va être suivi individuellement et collectivement, au sein d'un groupe de 8. Il se voit proposer 3 phases de 3 semaines (3 matinées hebdomadaires) appelées box. De la déconnexion professionnelle au nouveau départ en passant par la reconquête du pouvoir d'agir. Chaque module comporte du sport. La personne suivie pratiquera aussi de la sophrologie, l'écriture, le travail de l'image et pourra libérer sa parole.  Les résultats sont probants : 97% de satisfaction globale. "Quand on subit un tsunami comme le burnout, on se sent protégé ici." Le parcours permet une reconstruction progressive en vue d'un possible retour à l'emploi. Mais c'est effectivement le mieux-être que les différents intervenants vont installer.


Expérimentation,la MME s'occupe aussi de prévention quand près d'1 salarié sur 2 est touché aujourd'hui par un trouble psychique. Elle est financée par l'ARS, la CPAM, AG2R, le Régime local  d'Alsace-Moselle et la Région Grand Est. Un des partenaires a fort justement souligné qu'à travers elle le CRM "panse une plaie qu'on ne voit pas" dans une société "de plus en plus mortifère". Mais avec la bienveillance, on parvient à entrevoir la sortie du tunnel.