14 mai 2025

GEISHOUSE : LA CURE DE JOUVENCE DU PRESBYTERE


Chantier patrimonial 




Le nombre de prêtres diminue inexorablement dans le diocèse d'Alsace aussi. Les presbytères se vident. Celui de Geishouse est silencieux depuis plus de dix ans. Il appartient à une époque révolue. Pourtant, il fait l'objet d'une éco-rénovation remarquable qui va le réveiller bientôt et redonner vie au cœur du village. En octobre dernier, la Fondation du Patrimoine a visité le bâtiment.





Geishouse, où je mets les pieds pour la première fois en soixante ans, est la commune la plus élevée de l'arrondissement thannois. Elle tutoie les sommets des Hautes-Vosges, à l'écart de la 66 qui relie Thann à Bussang. 440 habitants, deux fois moins qu'en 1860 où démarrait sa nouvelle paroisse. L'église St-Sébastien et son campanile, son presbytère, son premier curé.160 ans plus tard, l'ancien lieu de vie du chargé d'âmes est une coquille vide ou presque. Le bâtiment a été débarrassé de son mobilier. Il reste des poêles en faïence. Les travaux ont commencé pour stopper la dégradation naturelle.
























Revenons à 2020. La Communauté de Communes de la Vallée de Saint-Amarin initiait alors un repérage du bâti ancien vacant pour le rénover et redynamiser les centres villageois en montrant la bonne méthode. Geishouse et son presbytère communal constituent le premier projet. Face à l'église, voilà une construction surplombant la vallée dans un cadre privilégié à flanc de montagne. Entourée par surcroît d'un muret en pierre sèche qui délimite le jardin longtemps entretenu  par des villageois investis. Les rares vestiges qu'il m'a été donné de voir indiquent que l'intérieur appartenait à une autre époque. Demain, on en fera quatre logements et un local associatif. La CCVSA entend promouvoir l'habitation de la classe G à B, en raisonnant en coût monétaire, énergétique et environnemental. 






Aujourd'hui, la rénovation du presbytère désaffecté est estimée à 1 M€ TTC, dont 2/3 subventionnés par plusieurs partenaires dont l'Etat. La Com Com prend la maîtrise d'ouvrage déléguée et s'occupe de la sensibilisation et de la formation. Car il s'agit bien d'en faire un projet démonstrateur et pédagogique. D'ailleurs cet été, de juin à septembre, la CCVSA organise des chantiers participatifs en condition réelle encadrés par des artisans. Ils sont ouverts aux professionnels comme aux particuliers soucieux d'apprendre à rénover par des moyens plus écologiques. Comme le réemploi de tuiles anciennes et le ravalement de façade à la chaux traditionnelle. La commune de Geishouse fournissant le bois pour la charpente notamment. 











10 mai 2025

CATHOS, BOBOS, JEUNES AMANTS ET VIEILLES PIERRES





A l'affiche en ce moment 










Herrade von Meier est à l'affiche du film "De mauvaise foi" sorti sur les écrans français le 7 mai. La comédienne tient enfin son premier grand rôle au cinéma. Et la tournée de promotion s'est achevée le 9 à Altkirch, sa ville natale. Le Palace Lumière a rempli la grande salle à l'occasion de cette projection - rencontre qui a ému l'actrice.



Sélectionné au Festival de l'Alpe d'Huez dédié à la comédie, "De mauvaise foi" est produit par Saje, promoteur d'œuvres en rapport avec le témoignage chrétien. Le tournage a eu lieu l'été dernier, 27 jours de travail entre Dijon et Paray-le-Monial. Herrade (Blandine)  donne la réplique conjugale à celui  qu'elle considère comme l'un des meilleurs acteurs français du moment, Pascal Demolon (Réginald), "assurément" à l'aise dans son rôle de "notaire vieille France" de province. Réginald et Blandine sont châtelains dans cette Bourgogne riche de vieilles pierres et de spiritualité. Ils ont une fille, Athénaïs (Romane de Stabenrath), convoitée par un jeune loup prétentieux, Eliott 
(François-David Cardonnel). Deux mondes s'opposent. Celui de l'éducation dans la foi chrétienne  avec bienséance et celui de la réussite tapageuse d'un monde qui écarte les loosers. Réginald et son break Volvo versus Eliott  en Tesla rouge. Les tenants d'une tradition gastronomique et les antispécistes végétaliens.Les catholiques et les athées. 


Le film réalisé par le jeune Albéric Saint-Martin est adapté du roman "Les pieuses combines de Réginald". Voilà un officier ministériel propriétaire d'un château aussi étanche qu'une passoire avec une chapelle dévastée. De coûteux investissements s'imposent. Avec son associé Edmond (Philippe Duquesne), cet auxiliaire de justice madré va se donner les moyens de sauver son patrimoine. Les ingrédients de la bonne comédie française sont dans la recette avec des personnages originaux, un héritage de comtesse, deux prétendants pour une demoiselle et des gags comme les cônes de signalisation pour privatiser le stationnement et le déconnant système d'arrosage connecté. Désirée par Eliott, l'homme aussi pressé que les GAFA son univers, Athénaïs séduit bientôt  Arthur (Jean-Baptiste Lafarge), portraitiste talentueux. Cela rappelle "Titanic" avec la jeune fille tiraillée entre la fortune et la bohème. 
Mais c'est encore un film de foi chrétienne. Car pour obtenir la main d'Athénaïs, le candidat doit se tourner vers l'Eglise. Eliott ne croit pas ; Arthur ne sait pas. Alors on embarque tout ce petit monde pour Paray et un pèlerinage inattendu. Le moment peut-être le plus fort pour un chrétien dans ce film, qui restitue la ferveur du culte au Sacré-Cœur. Quant à Herrade von Meier, elle  incarne une maîtresse de maison droite, douce mais suspicieuse envers un mari accaparé par son téléphone. Heureusement, tout se termine comme dans un conte de fée. 

Les critiques pointeront certaines maladresses, je me souviens de cette Comtesse plus alerte que mourante, mais voilà un film qui se vit comme une escapade en Côte-d'Or, qui "fait du bien qu'on ait ou non la foi" me glisse Herrade. 1H34 d'aventures amusantes, touchantes, décalées, loin de l'ultraviolence de nombreux films d'aujourd'hui. Sans scène de douche inutile, sans agapes de couette. Sans cigarette à chaque nouvelle scène, mais une pipe désuète pourtant du meilleur effet comme l'est celle du capitaine Haddock à Moulinsart. Un autre héros qu'incarnerait à merveille Pascal Demolon. 




Herrade von Meier devant la librairie - café Mille Feuilles d'Altkirch