4 avril 2025

UNE ESCAPADE VIVIFIANTE A SAPOIS (HAUTES VOSGES)

Chambres d'hôtes "Les Roches Fleuries" 







L'été dernier, nous nous étions (re)posés dans les Vosges du Sud, à  Fougerolles, chez Patricia et Martial, qui ont créé des chambres d'hôtes dans leur maison de maître. Pour inaugurer le printemps, c'est dans les Hautes Vosges que nous avons passé un demi week-end, à quelques kilomètres de Gérardmer.

Marion et Thomas ont créé "Les Roches Fleuries" dans un joli coin avec vue sur le massif, dans la petite commune de Sapois. Comme le couple haut-saônois, ils ont mis à profit la période Covid pour redonner vie à une  demeure de caractère et lui insuffler une atmosphère cosy et apaisante. Nichée dans son parc de soixante ares, la maison offre trois chambres d'hôtes avec leurs salles de bain privatives. Les vitraux  rappellent la richesse industrielle du territoire, dans un village de moyenne montagne où Gerbois (emballage bois)  revit. Marion a délaissé son métier d'experte en assurances pour s'épanouir dans son nid douillet au contact des couples et des familles qui viennent s'y lover. 




Nous rentrons d'un reportage et la nuit va tomber. Nous ne nous sommes pas fait prier pour réserver l'offre  de la table d'hôtes. Ce soir-là, nous ne serons que six avec les propriétaires, dont un couple de Bouxwiller, Véronique et Ludovic. Les Bas-Rhinois ne se déplacent qu'en chambres d'hôtes et ont rarement de mauvaises surprises, expliquent-ils. C'est l'opportunité  de nouvelles rencontres qu'ils recherchent, le bonheur des choses simples partagées dans l'intimité d'un salon avec des étrangers qui au fil du dîner seraient comme des amis de trente ans. Marion, en accueillante et attentionnée maîtresse de maison  l'a bien compris qui trouve un nouveau sens à sa vie professionnelle. De plus, elle est passionnée de cuisine et ne renie pas sa Normandie et son beurre. Cette fois, elle glisse dans l'entrée une création au munster chaud qui passe crème. Ce seront ensuite des spaetzle en accompagnement de civet de sanglier. Pour le dessert, des éclairs qui n'ont rien à envier à ceux du  boulanger de proximité.  Pour le service, nous ne serons pas dépaysés avec la faïence Obernai.





Et l'apéritif est un Cuvées vosgiennes, ce vin de fruit de La Bresse disponible en nombreuses déclinaisons. Le dîner, servi à l'heure du JT se prolongera jusqu'à minuit. Pas de portable en vue, mais des histoires, des instants de vécu et finalement la vraie vie, en discrète compagnie de Pims et Kiwi, les amis à pattes de cette coquette et chaleureuse maison. 




Après une nuit dans une chambre romantique, nous aurons le bonheur de nous retrouver au petit déjeuner préparé avec le même amour par Marion, dont le livre de recettes n'est jamais loin. 

Il est possible aussi de réserver un soin et le sauna. 






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29 mars 2025

GERARDMER VOIT LA VIE EN JAUNE VOSGES




C'est un samedi après-midi du début du printemps. On circule et on se gare facilement, mais des installations annoncent l'événement dans deux semaines : Gérardmer prépare sa Fête des Jonquilles, la plus grande manifestation du Grand Est dédiée à la fleur printanière. Du 4 au 6 avril, la Perle des Vosges va de nouveau octupler  sa population, qui officiellement approche les 8.000 habitants. Nous avons rendez-vous à la Société des Fêtes, organisatrice.




Celle-ci occupe l'ancien abattoir. Les vieux murs sont animés. Les hangars paraissent étroits pour les constructions métalliques qu'ils abritent. Nous montons dans les bureaux, où quatre messieurs plus très jeunes s'affairent. Pourtant, une Fête des Jonquilles ne laisse aucun répit. La Société des Fêtes géromoise compte une vingtaine de membres actifs  sous la présidence de Jérôme Hirth. Elle pourra compter sur une armée de 400 autres bénévoles au plus fort des réjouissances, le 6 avril. "On ne peut pas annuler" une telle fête, me disent les responsables. Parce que, même biennale, elle nécessite une organisation qui mobilise un territoire dans la durée. De toute façon, si ce n'est pas la Fête des Jonquilles, c'est Jonquilles en fête une année sur deux. Ainsi, le narcisse accapare Gérardmer chaque printemps. En 2025, c'est la 51e Fête des Jonquilles.




Sylvain Picard a le regard lumineux quand il rapporte la naissance de cette manifestation en 1935. Il me présentera une photo sous cadre : le fondateur fut son père avec l'Amicale motocycliste. Lui-même revendique plus de 30 chars à son actif. Car ici, chacun peut présenter sa réalisation, si elle est conforme au cahier des charges. Ainsi, les sujets sont des œuvres particulières et collectives. Si la structure est métallique, les produits naturels sont préconisés comme la mousse et le lichen, mais un char doit être constitué aux deux tiers de jonquilles.





La fleur jaune éclaire déjà les prés mais attention. La cueillette est réglementée dans certaines communes pour ne pas porter préjudice au corso. Des bouquets sont d'ailleurs  vendus au bord des routes à un tarif modique. Pour le grand week-end d'avril, ce sont 3 millions de jonquilles qui seront piquées sur la vingtaine de chars annoncés. 60.000 bouquets de 50 fleurs confectionnés par les écoles et les associations, rémunérés à la pièce, 50 centimes. De quoi assurer une rentrée d'argent non négligeable. L'organisation s'autofinance avec un budget en deçà du million d'euros, hors soutien technique de la Ville, détaille Michel Chauffel, responsable des bénévoles et comme ses camarades "couteau suisse". Jean-Claude Kieffer, l'ancien Colmarien, est par ailleurs administrateur de La Ronde des Fêtes, cette grande famille née en Alsace et dont la première manifestation cette année  a lieu à... Gérardmer. Et puis Hubert Chipot, inventeur du cocktail Jonquille, dont la recette ne sera pas divulguée bien sûr. Autrefois, confie-t-il, on mettait du citron dans le vin. Nous saurons que son breuvage appelle un alsace et au moins un agrume…





Les organisateurs avouent passer des nuits blanches. Un tel événement ne s'improvise pas et doit répondre aux exigences de son époque. Sécuritaires, environnementales aussi. La 51e intègre les écomanifestations.  Elle investira aussi un nouveau circuit, dans un secteur dont le bouclage est plus aisé, sur un périmètre de 1800 m. Autre nouveauté, la numérotation des tribunes. 13.000 personnes seront assises, soit un quart du public. Il faudra aussi gérer le trafic automobile. Plus de 250 cars achemineront du monde et les formations musicales. La Fête des Jonquilles est animée par des groupes qui ont fait leurs preuves, de Creutzwald à Marseille.  





Nous redescendons dans les ateliers, où un moment de convivialité coupe la séance de montage. Le trio royal est sur place. Au voisinage de chars toujours plus volumineux mais qui peuvent rapporter  à leurs concepteurs. 180.000 € de prix seront distribués. Mais il faudra 50 bouquets au m2. La 51e Fête des Jonquilles du 4 au 6 avril. Un collier or pour la Perle des Vosges.