22 décembre 2021

NOEL A MONTBELIARD : FEERIE ET AIRIE



Marie-Noëlle Biguinet, maire 

Les Glorieuses de Bresse, les artisans du Jura Sud voilà quelques années et maintenant le Pays de Montbéliard. La Bourgogne - Franche-Comté me rappelle en décembre, promesse de belles rencontres dans une atmosphère étincelante. Retour dans la cité des Princes désormais en pleine lumière.


C'est dans la grisaille que je prends le TER en gare d'Altkirch, dans l'autre sens cette fois. Direction Belfort. Il y a 25 ans, c'étaient l'autorail rouge et crème et la Z qui m'emmenaient vers le Territoire. Le trajet est désormais plus rapide, les arrêts peu nombreux. La gare de Belfort me paraît bien désertique avec ses quais rénovés. Pas un agent SNCF en vue. Pas le temps de m'attarder non plus, je monte dans le TER en correspondance pour Montbéliard, qui ira jusqu'à Besançon. 

Me revoilà dans la capitale de PMA, comme au printemps. Les tours Henriette et Frédéric du château rappellent que nous sommes au bon endroit. A deux pas de la gare, l'office de tourisme désormais dirigé par Vanessa Le Lay, dont l'équipe est fortement investie dans l'organisation et l'animation des Lumières de Noël. L'OT a son chalet au cœur du marché de Noël, à la croisée de l'hôtel de ville et du musée Beurnier. J'ai 24 heures devant moi pour arpenter la ville dans son habit festif. Depuis le parvis de la gare, le ton est donné. 




Comme ailleurs, Montbéliard avait été privée de marché de Noël l'an dernier. Un crève-cœur pour une ville qui s'y était mise au milieu des années 80. C'est cette fin d'année qu'on fête la 35e édition des Lumières. A la manœuvre dès l'origine,  Alain Boutonnet et son comité des fêtes, des commerçants et artisans et les acteurs du tourisme, rejoints par la Ville. Dans une joyeuse dynamique confortée par le cadre enchanteur des vieilles pierres, ils ont hissé Montbéliard dans le top 5 des marchés de Noël européens. Si les cabanons au pied de la cathédrale font rêver à Strasbourg, je leur préfère le marché de la place de la Réunion de Mulhouse d'avant la Covid-19 et celui de Montbéliard qui se blottit autour du temple Saint-Martin. Marie-Noëlle Biguinet, maire depuis 2014, m'ouvre la fenêtre de son bureau pour m'offrir un instant magique sur la place, encore plus fort quand le jour décline. 



Alain Boutonnet, figure historique du marché. Il revendique un vin chaud d'exception (avec modération)

Avec la crise sanitaire, il a fallu repenser l'organisation des flux et des espaces. Quelque 130 chalets sont dispersés dans le centre-ville, dont une partie "à la semaine". L'animatrice de l'OT distille à son micro les informations utiles de la journée, tandis que la musique parcourt le quadrilatère du marché, des airs de Noël connus de tous et parfois des titres inattendus. Tout nous rappelle que la fête est sous contrainte. Signalisation, messages, rues entravées par des véhicules et des blocs de béton, contrôles aux entrées. Mais ce ne sont pas des garde-chiourmes. 


Quand la nuit est tombée, on oublie vite les procédures pour retrouver Juju Place Velotte, affairé à sa fondue aux trois fromages, tandis qu'une fanfare envoie sa mélopée en face. Vanessa me fait découvrir le glögg, le vin chaud nordique, de quoi nous réchauffer jusqu'au dîner, pris debout dans l'allée gourmande. Une croûte aux morilles version marché, hélas presque froide escortée d'un verre de chardonnay. Heureusement l'ambiance est chaleureuse, loin de la morosité actuelle. Une bulle de bonheur dans le Covidland. Les exposants aussi sont avenants, tout sourire de profiter d'un emplacement dans ce prisé marché de Noël qui leur assure du trafic. La Franche-Comté rayonne pour le retour des Lumières mais certaines maisons alsaciennes se sont fait  une place. Je me suis d'ailleurs surpris à acheter des bretzels Poulaillon. L'inventeur de la Moricette° a aussi une boutique en ville. 

Face aux Halles, place Denfert-Rochereau, c'est le Village des Enfants avec son nouveau manège à...boules de Noël et sa patinoire. Je n'aurai pas le loisir de glisser, mes deux tentatives resteront vaines. Consolation, j'ai enfin l'honneur de rencontrer la personnalité emblématique du marché, Tante Airie. 

C'est le personnage de l'Avent par ici, la comtesse Henriette de Montfaucon du XIVe siècle qui a traversé les temps pour réapparaître sous les traits d'une douce mamie, toujours disponible pour les enfants qui ont des secrets ou des confessions à exprimer. On dit qu'elle est la bonne fée de Montbéliard. Mais je m'interroge toujours sur le faiseur de bulles de savon caché par son masque. Encore un mystère de Noël. 





Poêlée comtoise au Châtel, 12,rue du Collège 


Les Lumières de Noël à Montbéliard jusqu'au 28 décembre.

lumieres-de-noel.fr 

Vanessa Le Lay et la boutique de Noël de l'OT


11 décembre 2021

A Mulhouse, mon Globe

 C'était le navire amiral du commerce mulhousien de détail. Depuis sept ans, il ressemble à un paquebot désarmé, seul son rez-de-chaussée est en partie animé côté rue du Sauvage. C'était Globe...


2018


Un après-midi de décembre dans les années 70. Comme nombre de Sundgauviens, nous faisons le déplacement à Mulhouse pour aller à Globe. Le grand magasin  du centre. Un car nous a emmené vers la grande ville où l'automobile est partout. Le TCM assure le transport urbain mais nous marchons depuis la gare routière vers le temple St-Etienne. Pour entrer à Globe, nous passons par la rue du Sauvage. Le rez-de-chaussée est une ruche. L'épicerie trois étoiles avec ses arômes de cafés d'exception moulus sous nos yeux et mis en  paquet. Les vins et alcools au fond, comme la poissonnerie. Et les escalateurs qui ronronnent et ralentissent notre envie d'aller voir là-haut...Dans les niveaux supérieurs, l'habillement, les arts de la table, le linge de maison et surtout...les jouets. Le troisième étage en est rempli. J'y achète les mannequins de la collection Action Joe° et garde précieusement les étoiles pour obtenir un blister de pièces complémentaires.

En période de fêtes, nous passons encore par la parfumerie. Les grandes maisons françaises diffusent leurs fragrances qu'expliquent des vendeuses parées comme des hôtesses de l'air. Les chocs pétroliers n'ont aucune emprise sur le préadolescent que je suis, la tête aux scénarii de guerre avec mes soldats de plastique. Nous nous attardons dans les rayons du magasin dans la réconfortante chaleur soufflée par de gros conduits. Et en quittant ce temple de la consommation inaccessible à certaines bourses, un arrêt devant les vitrines festives animées par des automates. Un spectacle gratuit pour tous les yeux. 


Maintenant, nous traversons la rue pour le concurrent en face, Schwab. Je n'imagine pas y avoir mon bureau un jour quand je travaillerai... Curieusement, je ne garderai pas de souvenir de ce grand magasin. Et Monoprix, dont l'enseigne verticale est visible de loin, ne m'a jamais attiré. 

La place de la Réunion n'a pas encore son marché de Noël, les chalets apparaîtront en 1990. La voiture est reine. Nous entrons à la boulangerie Peter. Son pain au pavot sera définitivement imprimé dans ma mémoire.

Rue Mercière, je cours vers Ber, où une dame élégante  tient la caisse. Avec Dondon le voisin, c'est un de mes fournisseurs de trains miniatures. Je me lance dans le modélisme ferroviaire. Ber et ses vitrines pleines de figurines et de voitures... 

Peut-être ferons-nous un saut Porte Jeune en passant par les galeries souterraines. Il faut encore chercher de la viande à la boucherie-charcuterie Maurer, qui fait l'angle avec la rue de la Moselle. Il faut commander au vendeur et payer à la caisse centrale. 


DR


Quand nous quittons le cœur historique de Mulhouse, le jour aura décliné. Il tombe vite à l'approche de Noël. Nous reprenons un car Kunegel mais je reste debout car le véhicule est complet. Qu'importe, les magasins en tenue de fête de Mulhouse m'ont mis des étoiles dans les yeux.





Décembre 2021. Une quarantaine d'années se sont écoulées.
La rue du Sauvage est mon quotidien. Piétonne depuis longtemps. Les vitrines de Noël de Globe ont été remplacées par les standards des franchises, je ne les vois pas. Le trompe-l'œil du grand magasin vidé en 2014 a été arraché, laissant une friche maussade dans l'artère. Le bureau du dernier patron est définitivement éteint. 
Et le grand sapin place des Victoires penche encore cette année. 


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